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Ce qu'on sait du parcours de Salah Abdeslam

Salah Abdeslam a probablement pris le métro le soir des attentats

Salah Abdeslam a probablement pris le métro le soir des attentats - BFMTV

L'hypothèse selon laquelle Salah Abdeslam aurait renoncé à un acte terroriste à Paris au moment de passer à l'acte est de plus en plus envisagée. L'homme le plus recherché d'Europe a laissé des indices sur sa route.

Et si Salah Abdeslam avait fait machine arrière? C'est l'une des hypothèses envisagées par les enquêteurs. BFMTV.com retrace le parcours supposé de ce jihadiste qui faisait partie des terroristes qui ont attaqué Paris le 13 novembre, toujours en fuite et activement recherché.

Deux des frères Abdeslam ont participé aux attentats du 13 novembre à Paris. Brahim, qui s'est fait exploser devant un restaurant du boulevard Voltaire et Salah, 26 ans, probablement le seul auteur des attaques encore vivant.

Bar, drogue et propagande

Les deux frères vivaient dans le quartier de Molenbeek, à Bruxelles. Après un passage par la STIB, la compagnie de transports en commun de la ville, pour Salah, et par la municipalité pour Brahim, tous deux ouvrent un bar à Molenbeek. La drogue circule et leur bar est finalement fermé à cause des trafics. Les deux frères partent en voyage pendant l'année 2015.

Leur parcours devient difficilement traçable, même si l'on sait que Salah est contrôlé en août 2015 en Grèce.

Le soir des attentats

Le 13 novembre au soir, Salah Abdeslam dépose vraisemblablement l’un des commandos au Stade de France avec une Clio noire. Le véhicule, loué à son nom - comme une autre voiture et des chambres d'hôtel, est retrouvé place Albert-Kahn, dans le 18e arrondissement de Paris. Un papier sur lequel était écrit "Roissy-Saint-Martin-République" a été découvert à bord de la Clio. Cet arrondissement a par ailleurs été cité par Daesh dans son communiqué de revendication des attaques. 

Le téléphone de Salah Abdeslam est également repéré dans cet arrondissement. Il se peut qu'il ait alors pris la ligne 13 du métro, vers le sud de Paris. Car son téléphone est à nouveau repéré peu après à la station Châtillon-Montrouge, le terminus, après les attentats. Salah Abdeslam porterait alors sur lui une ceinture d'explosifs, peut-être celle retrouvée lundi dans un tas d’ordures à Montrouge, non loin de la station de métro. La police a procédé depuis à plusieurs perquisitions, notamment dans une maison squattée depuis de nombreuses années, dans le quartier où le téléphone du jihadiste avait borné le soir des attaques.

La fuite

C'est avec ce portable que Salah Abdeslam aurait appelé deux personnes en Belgique, qui sont ensuite venues le chercher: Mohammed Amri et Hamza Attou. Une des hypothèses désormais envisagées est donc que Salah Abdeslam aurait pu renoncer à se faire exploser au dernier moment.

"Salah est quelqu'un de très intelligent, je pense qu'en dernière minute, Salah a décidé de rebrousser chemin", a estimé son frère dimanche à la télévision belge.

Des papiers d'identité à son nom ont été présentés le 14 novembre aux gendarmes français lors d'un "simple" contrôle routier matinal à Cambrai, dans le département du Nord sur l'A1, la route de la Belgique. Ce n'est que plus tard que les gendarmes apprendront qu'il est recherché.

Depuis, les enquêteurs ont perdu sa trace. Des opérations policières sont menées à Molenbeek, en vain jusqu'ici. Ses deux complices de fuite présumés ont toutefois été arrêtés dans ce quartier dont sont originaires de nombreux jihadistes francophones.

En garde à vue, ils ont déclaré avoir déposé ce suspect-clé samedi dans Bruxelles. Mais ils indiquent des lieux différents.

A. D.