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Attentats de Paris: où se trouve Salah Abdeslam?

Salah Abdeslam est activement recherché depuis les attentats de Paris.

Salah Abdeslam est activement recherché depuis les attentats de Paris. - BFMTV

Huit jours après les attentats sanglants perpétrés à Paris, Salah Abdeslam, suspecté de faire partie du commando d'assaillants, demeure introuvable, malgré l'avis de recherche lancé le 15 novembre par les autorités.

Il est l'homme le plus recherché d'Europe. Huit jours après les attentats qui ont endeuillé Paris, Salah Abdeslam demeure introuvable. Evaporé dans la nature, probablement exfiltré au nez et à la barbe des autorités, et avec un rôle qui est encore incertain dans les attaques, son cas est un mystère pour les enquêteurs, qui ont perdu sa trace le 14 novembre. A-t-il gagné la Belgique? Est-il resté en France? L'appel à témoins diffusé dimanche 15 novembre par la police n'a pour l'instant rien donné.

Un rôle flou dans les attaques

Depuis qu'Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats, a été tué lors de l'assaut policier de mercredi à Saint-Denis, Salah Abdeslam concentre toute l'attention des services antiterroristes.

Quel a été le rôle de Salah Abdeslam? Vendredi 13 novembre, 21h59. Une Clio noire, louée par cet homme, arrive dans le nord de Paris depuis une porte de la capitale. Les enquêteurs se demandent si Salah Abdeslam n'est pas au volant après avoir déposé trois kamikazes aux abords du Stade de France. Très vite, son nom est apparu dans l'organigramme des expéditions meurtrières: Salah Abdeslam a loué, outre cette Clio, la Polo du commando du Bataclan. Et sa carte bancaire a servi à régler deux chambres d'un appart-hôtel à Alfortville, près de Paris, où ont logé des assaillants avant les attaques.

Mais outre ce rôle de logisticien, Salah a-t-il pris les armes? Les enquêteurs ont d'abord pensé qu'il avait pu faire partie du commando qui a tiré en rafales, depuis une autre voiture noire, une Seat, contre des clients attablés en terrasse au coeur de Paris. Son frère aîné, Brahim Abdeslam, 31 ans, a pris part à ces attaques avant de se faire exploser dans un restaurant du boulevard Voltaire.

Un kamikaze avorté?

Salah était-il plutôt chargé d'une attaque dans le 18e arrondissement mentionnée dans la revendication des attentats par le groupe Daesh, mais qui n'a jamais eu lieu? C'est là en tout cas qu'a été retrouvée la Clio. Le lendemain des attaques, il semble avoir été exfiltré vers la Belgique par deux complices présumés appelés à la rescousse, Mohammed Amri et Hamza Attou.

Selon Hamza Attou, il pourrait avoir reculé au moment de passer à l'acte. Autrement dit, Salah Abdeslam pourrait être un kamikaze avorté. "D'après les dernières déclarations de mon client, Salah était extrêmement énervé et peut-être (...) prêt à se faire sauter", a ainsi rapporté au micro de LCI Carine Couquelet, l'avocate d'Hamza Attou, avant de s'interroger: "N'a-t-il pas eu le courage de le faire?".

Une cavale improvisée

Quoi qu'il en soit, les enquêteurs ont perdu sa trace et le jeune homme semble s'être lancé dans une cavale improvisée. Seule certitude: des papiers d'identité à son nom ont été présentés le 14 novembre aux gendarmes français lors d'un "simple" contrôle routier matinal à Cambrai, sur la route de la Belgique. Ce n'est que plus tard que les gendarmes apprendront qu'il est recherché.

Trop tard, il est sans doute dans la nature, peut-être à Molenbeek, fief des frères Abdeslam qui y tenaient un bar. Des opérations policières sont menées dans ce quartier populaire de Bruxelles, en vain.

Ses deux complices de fuite présumés ont toutefois été arrêtés dans cette commune dont sont originaires de nombreux jihadistes francophones. En garde à vue, ils disent avoir déposé ce suspect-clé samedi dans Bruxelles. Problème: ils donnent des lieux différents. Depuis, le portrait de Salah, traqué par toutes les polices d'Europe, tourne en boucle: 1,75 m, yeux marrons, teint mat, rasé de près et cheveux gominés. Avec cette précision: "individu dangereux". Et plusieurs témoignages non confirmés ont fait état de sa présence à Bruxelles, selon les médias belges.

A.S. avec Annabelle Vilmont et AFP