BFMTV

Attentat du Bataclan: "Je n'arrive pas à comprendre", témoigne la mère de Samy Amimour

Samy Amimour était l'un des terroristes du Bataclan, où 90 personnes ont été assassinées le 13 novembre 2015. Six mois plus tard, sa famille confie à BFMTV son désarroi, son impuissance face à sa radicalisation, et son refus d'être associée aux crimes.

Six mois plus tard, la famille de Samy Amimour ne comprend toujours pas ce qui a motivé ses actes. Le soir du 13 novembre 2015, le terroriste de 28 ans pénétrait dans le Bataclan avec deux complices, Ismaël Omar Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad. Jusqu'à l'assaut du Raid, ils ont tué 90 personnes.

Après cette soirée, pendant près de deux mois, la mère de Samy Amimour est restée cloîtrée dans l'appartement familial, incapable de sortir. Encore aujourd'hui, elle limite ses déplacements au strict nécessaire.

"Au début on n'a pas envie, et puis on n'a pas envie de croiser les gens", explique-t-elle, appuyée par sa fille. "D'être confronté à leur regard, d'avoir à expliquer… Se justifier. C'est tout simplement ça."

Mais aujourd'hui, la famille du jeune homme a accepté de parler, pour ne pas être associée aux actes de ce fils qui leur a échappé.

Une famille musulmane laïque, stable et intégrée

Samy Amimour a grandi dans un appartement de Drancy, en Seine-Saint-Denis, où vivent toujours sa mère et sa soeur cadette. Depuis son départ du foyer familial pour rejoindre la Syrie, en septembre 2013, rien n'a changé. Sur une étagère du salon trônent toujours deux photos de lui, enfant puis adolescent. Sa mère a également tenu à garder sa chambre intacte, comme pour préserver encore un peu cette période sans histoires, avant le 13 novembre.

"Je pense souvent à toutes ces personnes disparues, qui laissent aussi leurs familles dans la tristesse, souffle-t-elle. Et malheureusement je ne peux rien faire pour elles. J'ai la double peine de perdre mon fils, et puis de supporter la douleur des autres."

Le jeune Amimour est élevée dans une famille musulmane laïque, parfaitement intégrée. Son père, polyglotte et féru de littérature française, se sépare de sa mère alors que Samy est encore enfant, mais le foyer reste stable. Alors quand il commence, petit à petit, à se radicaliser, sa mère ne comprend pas. "Je me suis sentie complètement impuissante, et j'avais l'impression qu'il n'y avait vraiment rien à faire", regrette-t-elle.

Son père est allé le chercher en Syrie

Elle a pourtant tenté d'alerter le maire de Drancy, et fait appel à un imam modéré, en vain. Le père de Samy Amimour a lui aussi tout tenté pour le ramener à la raison, y compris se rendre par ses propres moyens à la frontière turco-syrienne lorsque son fils est parti faire le jihad en Syrie. Sans résultat, encore une fois. Malgré cela, lorsqu'il apprend que son fils est l'un des assaillants du Bataclan, c'est l'incompréhension totale.

"Je ne réalise pas moi-même, je n'arrive pas à comprendre. Faire une chose pareille. C'est impensable."

Samy Amimour a été inhumé le soir de Noël, dans une tombe anonyme à la Courneuve. Quelques jours plus tard, sa femme écrivait par mail à une connaissance la fierté qu'elle éprouvait pour les actes de son mari. La jeune femme de 18 ans vit toujours en Syrie avec sa fille, à laquelle elle a donné naissance trois semaines après les attentats.

>> Retrouvez le reportage complet dans le "Grand Angle" de ce mardi soir à 22h40 et 23h40 sur BFMTV.

H. M. avec les équipes de Grand angle