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Foued Mohamed-Aggad, le troisième kamikaze du Bataclan

Les trois kamikazes du Bataclan sont désormais identifiés. Le terroriste qui n'avait pas encore de nom pour les enquêteurs était originaire de Strasbourg.

Le troisième kamikaze du Bataclan a été identifié, un peu plus de trois semaines après les attentats de Paris, a appris BFMTV. Il s'agit de Foued Mohamed-Aggad, comme l'a confirmé ce mercredi Manuel Valls sur BFMTV.

"Il a été identifié", "le nom a été donné" a déclaré le Premier ministre tout en refusant de donner les éléments de l'enquête.

Foued Mohamed Aggad a été identifié en fin de semaine dernière, grâce à la comparaison de son ADN avec ceux de certains membres de sa famille. Il y a quelques jours la mère du jeune homme a reçu un SMS d'un numéro syrien disant que son fils était mort en martyr à Paris. 

Une dizaine de jeunes partis ensemble

Les derniers éléments de l'enquête ont permis de déterminer qu'il était originaire de Strasbourg et qu'il était parti en Syrie en 2013. Selon Le Parisien, il serait âgé de 23 ans. "Son frère aîné, Karim, 25 ans, est actuellement détenu après son passage en Syrie", précise Le Parisien. Les deux frères seraient issus d'une fratrie de quatre enfants, et originaires d'une petite commune proche de Strasbourg.

Ils faisaient partie d'un groupe d'une dizaine de personnes qui ont quitté le quartier strasbourgeois de la Meinau en 2013. Parti le 17 décembre 2013 depuis Francfort par avion jusqu'à Antalya, en Turquie, le groupe d'hommes s'était ensuite rendu en Syrie. Deux d'entre eux, les frères Mourad et Yassine Boudjellal, ont été tués. Sept autres jeunes gens seraient rentrés, tour à tour, au printemps 2014 et ont été incarcérés. Le parquet a demandé en octobre leur renvoi en correctionnelle pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. 

Une famille en Syrie

Le dernier à être rester en Syrie était Foued Mohamed-Aggad, mort au Bataclan. D'après nos informations, le jihadiste venait d'avoir une petite fille née en Syrie. Selon les révélations de son frère, il était resté sur place suite à la venue de sa femme et devait "rendre des comptes sur le départ de tous les membres du groupe".

Ces derniers connaissaient Mourad Farès, alias Abou Hassan ou Mourad al-Faransi (Mourad le Français), que certains avaient rencontré à trois reprises avant de partir, à Strasbourg, Paris et Lyon. Mourad Farès était l'un des principaux rabatteurs via les réseaux sociaux de jihadistes français. Il a été arrêté par les Turcs après avoir fui la Syrie et remis aux autorités françaises en septembre 2014.

Le trio est désormais connu

La mère de Foued Mohamed-Aggad a assuré avoir eu régulièrement des nouvelles de lui, selon Le Parisien. Elle lui aurait envoyé de l'argent pour lui permettre de quitter la Syrie. D'après nos informations, en août dernier, Foued Mohammed-Abbag avait fait ses adieux à sa famille et avait dit à ses proches qu’il partait au combat et qu’il avait hâte de rejoindre Allah. Selon des informations de RMC, l'appartement de sa mère a été perquisitionné dans la nuit de mardi à mercredi.

Les deux autres assaillants du Bataclan, dont l'attaque s'est soldée par la mort de 90 personnes, avaient eux été identifiés rapidement après les attentats revendiqués par l'Etat islamique. Omar Ismaïl Mostefaï a été identifié grâce à un doigt sectionné retrouvé dans la salle de concert. Jusqu'à présent, il était connu comme un petit délinquant de droit commun, originaire de l'Essonne et fiché pour radicalisation depuis 2010. Samy Amimour, originaire de Drancy, est connu de la justice anti-terroriste pour avoir été "mis en examen le 19 octobre 2012" pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste.

A. D. avec AFP