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À quoi ressemblera la "task force" d'Emmanuel Macron?

La task force d'Emmanuel Macron va bientôt voir le jour

La task force d'Emmanuel Macron va bientôt voir le jour - PIERRE ANDRIEU / AFP

Le président de la République veut créer une task force pour coordonner les services de renseignement afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme.

Principale mesure avancée par Emmanuel Macron pour lutter contre le terrorisme, la création d’une "task force" anti-Daesh devrait être engagée dès mercredi à l'issue d'un Conseil de Défense convoqué après l'agression d'un policer sur le parvis de Notre-Dame mardi par un homme se présentant comme un étudiant algérien de 40 ans. Mais les contours de ce nouvel organe de coordination sont déjà connus. Explications.

Principes

La "task force" sera composée de 50 à 100 fonctionnaires qui se relaieront 24 heures sur 24 au Palais de l’Élysée, sous l'autorité du chef de l'État, pour coordonner les services de renseignement, à savoir la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) et la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Il faut dire que beaucoup pointent les problèmes de convergence et de coordination qui existent entre ces services. Une difficulté que le président entend palier en se positionnant au cœur du renseignement.

"J'installerai directement auprès du président de la République un organe de coordination, je l'ai appelé 'task force', capable d'agir 24 heures sur 24 contre Daesh", avait annoncé le 21 avril dernier Emmanuel Macron durant sa campagne, au lendemain de l'attaque qui avait tué un policier sur les Champs-Élysées à Paris.

Les personnes travaillant pour la "task force" auront pour mission de récolter "toutes les informations avec un accès direct aux plus hauts responsables", a indiqué Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement. Grâce à cette cellule, les décisions pourront être prises "dans la demi-heure" a-t-il ajouté. Le Conseil national du renseignement était jusqu'alors déjà rattaché à l'Élysée, mais son coordonnateur "n’a pas la puissance qu’aura demain le responsable de la task force", a-t-il enfin précisé.

Ce mardi après-midi sur BFMTV, Apolline de Malherbe a donné d'autres précisions sur le profil que prendra cette "task force": "D’abord, cette 'task force' consiste à centraliser au niveau de l’Elysée les services de renseignement. Aujourd’hui, ces services sont dispatchés. L’idée d’Emmanuel Macron est d’avoir un référent qui soit à sa main, physiquement présent à l’Elysée pour centraliser tous les services à la fois de renseignement et d’action." La journaliste a ajouté: "C’est cette task force qui sera précisée demain matin lors du Conseil de Défense ça devrait être un diplomate a priori qui en prendrait la tête."

Quelles craintes ?

Certains spécialistes s’interrogent toutefois sur l’efficacité d’une telle cellule. "Il y a eu dans l'histoire du renseignement antiterroriste des "task forces" très efficaces, remarque pour BFMTV Alain Bauer, président du conseil national des activités privées de sécurité. L'une qui s'appelait Alliance contre Al-Qaeda. Si c'est ça, c'est une bonne idée. Si c'est à la place du reste et que c'est un peu plus large, ce n'est plus une "task force", c'est un conseil de sécurité national ou un conseil national antiterroriste. Là, il faut redéfinir les périmètres de qui décide de quoi."

De son côté, Christophe Barbier, éditorialiste sur BFMTV, émet lui aussi quelques réserves: "Si c’est une usine à gaz élyséenne qui s’ajoute aux usines à gaz de Beauvau, ce sera gênant. Par ailleurs, la task force franco-française ne doit pas cacher une autre carence. Nous avons un problème de renseignement au niveau européen. Il faudrait réussir à créer une sorte de FBI européen".

Driss Aït Youssef, spécialiste des questions de Défense, a aussi fait part de son scepticisme sur notre antenne: "Sur la task force, je ne vois pas trop le projet. Est-ce que le président Macron veut gérer en direct les questions liées au renseignement ? Je pense que ce n’est pas le sujet."
P.L