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Gilets jaunes: filmé en train de frapper plusieurs personnes à Toulon, un policier s'explique

Deux interpellations musclées en marge d'une manifestation de gilets jaunes à Toulon samedi ont été filmées et diffusées sur les réseaux sociaux. Les deux hommes ont été placés en garde à vue, tandis que le commandant de police devrait faire l'objet d'une enquête interne.

De nombreuses violences ont émaillé samedi la 8e journée de mobilisation des gilets jaunes. Outre l'agression d'un gendarme à Paris et l'intrusion d'une dizaine de personnes dans la cour du ministère des Relations avec le Parlement, deux scènes d'interpellations musclées à Toulon ont été diffusées sur les réseaux sociaux. On y voit Didier Andrieux, un commandant de police décoré début janvier de la Légion d'honneur et actuellement responsable des 400 policiers en tenue de Toulon, frapper un homme adossé à un mur puis un manifestant arborant un gilet jaune sur un capot de voiture.

La première scène concerne l'interpellation d'un homme connu des services de police, actuellement mis en examen et sous contrôle judiciaire dans le cadre d'une affaire de viol, qui faisait partie, d'après le procureur de la République de Toulon, "d'un groupe d'une cinquantaine de casseurs qui avaient dégradé des voitures" quelques minutes plus tôt.

"Un multirécidiviste qui n'a rien à voir avec les gilets jaunes"

D'après le procès-verbal de l'interpellation, il était armé d'un tesson de bouteille, ce qui aurait justifié la riposte violente du commandant de police qui l'a frappé à plusieurs reprises au visage. Le jeune homme est actuellement en garde à vue pour outrage.

Dans une interview à Nice Matin, Didier Andrieux explique avoir d'abord envoyé un coup sur la main de l'homme, "pour lui faire lâcher le tesson". Puis, "je lui donne deux autres coups, car je ne sais pas s'il a lâché le tesson", raconte-t-il. Le policier assure connaître cet homme, "qui est un multirécidiviste et qui n'a rien à voir avec les gilets jaunes". 

Jugés en comparution immédiate

Sur la deuxième vidéo, les policiers tentent d'interpeller deux frères vêtus de gilets jaunes. Alors que l'un d'eux réussit à prendre la fuite, l'autre est immobilisé devant un véhicule avant d'être frappé sur le capot. Il est actuellement en garde à vue tandis que son frère est toujours recherché.

Selon une source judiciaire, ces deux prévenus pourraient être jugés en comparution immédiate dans les prochains jours pour violences. Quant au commandant Andrieux, il devrait faire l'objet d'une enquête interne même si à stade, l'IGPN n'a pas encore été saisie. 

Le procureur de la République de Toulon a estimé ce dimanche que Didier Andrieux avait agi "proportionnellement à la menace" en neutralisant des "casseurs".

"Il y avait un contexte insurrectionnel avant et après ces vidéos, dans lequel il était impossible d'interpeller quelqu'un sans violence, et il a agi proportionnellement à la menace", a ajouté Bernard Marchal.

Mélanie Rostagnat avec Alexandra Gonzalez et AFP