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Gilets jaunes: l'opposition condamne mollement les violences et pointe la responsabilité de Griveaux

Après l'attaque du secrétariat d'Etat de Benjamin Griveaux à Paris samedi, plusieurs responsables politiques ont reproché au porte-parole du gouvernement d'avoir "mis de l'huile sur le feu".

Après un essoufflement de la mobilisation pendant les vacances de Noël, près de 50.000 gilets jaunes ont manifesté dans les rues du pays ce samedi. Une journée qui avait commencé dans le calme mais qui a rapidement dégénéré en début d'après-midi dans plusieurs villes de France. Et notamment à Paris où un gendarme a été violemment frappé par un boxeur et où une dizaine de personnes ont pénétré dans la cour du ministère des Relations avec le Parlement à l'aide d'un engin de chantier.

Dénoncées par le ministère de l'Intérieur Christophe Castaner, et son secrétaire d'Etat Laurent Nunez, ces violences ont poussé Emmanuel Macron à réagir dans la soirée. Sur Twitter, le chef de l'Etat a ainsi regretté "une extrême violence venue attaquer la République" et a promis que "justice sera faite", tout en appelant chacun à "se ressaisir" pour "faire advenir le débat et le dialogue".

"Qui sème le vent, récolte la tempête"

Dans l'opposition, les condamnations sont nettement plus nuancées, certains n'hésitant pas à pointer du doigt la responsabilité du gouvernement. Interrogé sur BFMTV, le vice-président du parti Les Républicains, Damien Abad, a en effet reproché à Benjamin Griveaux d'avoir "jeté de l'huile sur le feu" en déclarant que le mouvement des gilets jaunes était devenu "le fait d’agitateurs qui veulent l’insurrection et au fond renverser le gouvernement".

"Qui sème le vent, récolte la tempête", a quant à lui déclaré Nicolas Dupont-Aignan qui a condamné les violences "mais aussi la volonté de l'exécutif d'envenimer la situation". Un point de vue partagé par Lydia Guirous, la porte-parole des Républicains qui, tout en dénonçant "fermement" des violences "inadmissibles", a cité Molière en affirmant que "le mépris est une pilule qu'on peut avaler mais qu'on ne peut mâcher".

Des gilets jaunes "méprisés et insultés"

Du côté de La France insoumise, Danielle Simonnet, oratrice nationale du parti, a estimé ce dimanche matin sur notre antenne que ces violences montrent "l'échec de la stratégie d'Emmanuel Macron et de Benjmain Girveaux qui n'ont cessé de mépriser les gilets jaunes, de les insulter, de les dénigrer". "Ils ont mis de l'huile sur le feu", a-t-elle regretté.

Manuel Bompard, directeur des campagnes de La France insoumise, appelle quant à lui à "ne pas résumer l'ensemble de la mobilisation des gilets jaunes à ces actes qu'il faut condamner" et qui constituent selon lui "la conséquence d'une stratégie gouvernementale qui a été celle de la surdité, de l'aveuglement et de la montée en tension avec des propos extrêmement provocateurs du gouvernement".

Mélanie Rostagnat