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Affaire Benalla: "On n'a jamais pu penser que c'était un collaborateur du président", raconte un témoin

L'un des auteurs de la vidéo qui circule depuis mercredi, et montre deux collaborateurs d'Emmanuel Macron frapper un jeune manifestant le 1er mai, a témoigné ce jeudi après-midi sur notre antenne. Il assure que tous les témoins de la scène ignoraient absolument que les deux hommes n'était pas policiers.

L'un des auteurs de la vidéo montrant deux collaborateurs d'Emmanuel Macron frapper un manifestant le 1er mai dernier, a assuré ce jeudi matin qu'il était persuadé qu'il filmait des violences policières. Alexandre Benalla, chargé de mission d'Emmanuel Macron, est alors filmé en train de frapper un manifestant en marge des manifestations du 1er mai, équipé d'un casque de police de maintien de l'ordre.

Sure notre antenne, Taha Bouhafs raconte que l'ambiance est alors détendue, et que la tension semble retombée en cette fin de manifestation: "On se retrouve pour un apéro convivial pour débriefer sur la journée de mobilisation sur la place Contrescarpe."

Puis "les CRS encerclent très rapidement la place." continue-t-il. "Ca dégénère: coups de gaz, coups de lacrymo, et effectivement c'est à ce moment-là que je sors mon téléphone instinctivement pour filmer, au cas où il y aurait des violences policières."

"On ne peut pas se douter qu'ils ne sont pas policiers"

Très vite, la situation se tend, explique Taha Bouhafs, mais les spectateurs de la scène restent persuadés que les deux hommes, habillés en civil, sont policiers. "On voit ces deux hommes-là intervenir, dans un premier temps on ne se doute absolument pas que ce ne sont pas des policiers."

"(Alexandre) Benalla en particulier, je l'ai croisé à des moments chauds de la manifestation avec un brassard de police. Il était là, place Contrescarpe, avec un casque de CRS (en réalité un casque de police de maintien de l'ordre, NDLR). L'autre collaborateur dont j'ai oublié le nom (Vincent Crase, NDLR), lui, était armé d'un pistolet, et donc à aucun moment on ne pouvait penser que c'était des collaborateurs du président de la République. Pour nous, on filmait une violence policière et c'est telle quelle qu'elle a été publiée dans un tweet immédiatement après la scène", témoigne le jeune homme.

L'auteur de la vidéo a également assuré à RMC qu'il ignorait de qui il s'agissait lorsqu'il a capturé les images, pensant avoir affaire à des policiers en civil.

Jeanne Bulant