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Brassard et casque de police: comment expliquer le rôle d'Alexandre Benalla le 1er mai?

Alexandre Benalla, accusé de violences contre un individu le 1er-mai 2018.

Alexandre Benalla, accusé de violences contre un individu le 1er-mai 2018. - Capture BFMTV

Le 1er mai, ce collaborateur du président de la République a été filmé en train de frapper un manifestant. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour violences par personne chargée d'une mission publique, usurpation de fonctions et usurpations de signes réservés à l'autorité publique.

C'est avec une rare unanimité que la classe politique dénonce ce jeudi les violences perpétrées par Alexandre Benalla le 1er mai et la légèreté des sanctions qui lui ont été infligées. Ce collaborateur d'Emmanuel Macron, notamment en charge de sa sécurité pendant la campagne, a été filmé ce jour-là en train de frapper un manifestant à terre, dans une vidéo publiée par Le Monde mercredi soir.

Toujours en poste à l'Elysée, il n'a été suspendu que 15 jours, puis rétrogradé à une autre fonction, en charge des événements "internes" à l'Elysée. Ce qui ne l'a pas empêché de participer à la panthéonisation de Simone Veil le 1er juillet dernier, et à la venue des Bleus à l'Elysée. Parmi toutes les questions que pose cette affaire, il y a aussi celle de sa seule présence dans la manifestation le 1er mai, et de sa tenue.

Des gestes "absolument inadaptés"

Sur les images, on le voit habillé d'une veste sombre sur un sweat clair, avec sur la tête un casque de police de maintien de l'ordre. On le voit évoluer près de CRS qui viennent d'interpeller le manifestant, et qui ne réagissent visiblement pas quand il se met à le frapper alors qu'il est à terre. Dans d'autres vidéos et sur des photos, on l'aperçoit également avec un brassage orange de la police. Le secrétaire d'Etat Julien Denormandie, sur France Inter, a qualifié ce jeudi matin son comportement d'"inacceptable", tandis que Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, a fustigé des "gestes absolument inadaptés".

Un extrait de la vidéo.
Un extrait de la vidéo. © Capture BFMTV/ Twitter

Une autorisation en tant qu'"observateur"

Lors d'une rapide déclaration, le porte-parole de la présidence, Bruno Roger Petit, a justifié les sanctions prises à son égard, expliquant qu'il avait "largement outrepassé" l'autorisation qui lui avait été donnée par sa hiérarchie. Alexandre Benalla avait en effet demandé à participer à la manifestation en tant qu'observateur des opérations de maintien de l'ordre. Il avait "demandé l'autorisation d'observer les opérations de maintien de l'ordre pour le 1er Mai", autorisation qui lui avait été donnée car "il agissait dans le cadre d'un jour de congé et ne devait avoir qu'un rôle d'observateur", a précisé le porte-parole. On ignore à ce stade qui précisément a donné cette autorisation.

Brassards ou casques régulièrement prêtés

  • Mais dans le détail, qu'avait le droit de faire Alexandre Benalla en sa qualité d'observateur? D'après nos informations, il n'est pas rare que la Préfecture de police accueille pour de courtes durées des personnes extérieures à la police pour des opérations de maintien de l'ordre, qu'elles soient journalistes, chercheurs, stagiaires ou encore collaborateurs de ministres. Elles sont alors dotées du matériel permettant d'assurer leur protection: un casque, éventuellement un gilet pare-balles. Mais elles ont pour consigne stricte de se cantonner à un rôle d'observation.

Quant au brassard de la police, il arrive sur certains théâtres particuliers, par exemple après un attentat ou une catastrophe ferroviaire, qu'il soit donné à des collaborateurs afin qu'ils puissent passer les barrages installés par la police.

Il était accompagné d'un salarié de LaREM

Sans doute dans le but d'anticiper de nouvelles révélations, Bruno Roger Petit a précisé qu'Alexandre Benalla était accompagné le 1er mai d'un gendarme réserviste, Vincent Crase. Salarié de La République en marche, il était "ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République". Il a lui aussi été sanctionné par une mise à pied de cinq jours au sein du parti, mais est toujours salarié. Il n'intervient en revanche plus pour l'Elysée. 

Une enquête ouverte

Alors que l'Elysée a eu connaissance des agissements d'Alexandre Benalla dès le 2 mai, ce qui a donné lieu à sa convocation, aucun signalement n'a été effectué et aucune enquête demandée. Ce jeudi, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour violences par personne chargée d'une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l'autorité publique. 

Charlie Vandekerkhove avec Mélanie Vecchio