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Elysée: la sanction prise contre Alexandre Benalla "a été notifiée comme un dernier avertissement"

Bruno Roger Petit, le porte-parole de l'Elysée, a fait une courte déclaration ce jeudi matin, alors que le président a refusé de commenter l'affaire.

Après de longues heures de silence, l'Elysée a réagi ce jeudi matin au cas d'Alexandre Benalla, le collaborateur du président de la République accusé de violences contre un manifestant le 1er mai. Lors d'une très courte prise de parole devant la presse, Bruno Roger Petit, le porte-parole de la présidence, a expliqué qu'après ces faits, Alexandre Benalla a été mis à pied 15 jours, avec suspension de salaire, puis démis de ses fonctions de la sécurité des déplacements d'Emmanuel Macron. Il a cependant gardé son titre et son poste à l'Elysée, mais a été rétrogradé en interne. Sa hiérarchie avait été mise au courant de ses agissements dès le lendemain. 

"Cette sanction est la plus grave jamais prise contre un chargé de mission travaillant à l'Elysée", a assuré Bruno Roger Petit. "La sanction prise par l’Elysée a été notifiée comme un dernier avertissement" avant licenciement, a-t-il précisé. 

Autorisé à participer en tant qu'"observateur"

Alexandre Benalla apparaît sur une vidéo publiée par Le Monde mercredi soir en train de frapper un manifestant à terre qui vient d'être interpellé par les CRS lors des manifestations du 1er mai. L'Elysée a pris connaissance des faits au lendemain de cette journée, après quoi Alexandre Benalla a été suspendu 15 jours et rétrogradé.

Ce jour-là, le collaborateur d'Emmanuel Macron avait été autorisé par sa hiérarchie à venir participer en tant qu'observateur des opérations de maintien de l'ordre lors d'un jour de congé. "Alexandre Benalla a largement outrepassé cette autorisation", a insisté Bruno Roger Petit, qui ne prend habituellement jamais la parole en public. Sur des vidéos et des photos prises le 1er mai, on le voit portant un brassard police au bras. Lorsqu'il s'en est pris au manifestant, il était vêtu d'un casque de la police.

Il était accompagné d'un deuxième homme

Bruno Roger Petit a également annoncé qu'Alexandre Benalla était ce jour-là accompagné d'un autre homme, un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. D'après le porte-parole, il était "très ponctuellement mobilisé comme d'autres réservistes par le commandement militaire de la Présidence de la République". 

Celui-ci, "ayant outrepassé son autorisation de la même manière qu'Alexandre Benalla, "a été sanctionné comme lui d'une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire" au sein de La République en marche. "Il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la Présidence de la République", a ajouté Bruno Roger Petit. Ce réserviste est cependant toujours salarié du parti de la majorité. 

Dans le bus des Bleus

Si Alexandre Benalla a été rétrogradé, il a tout de même gardé un rôle significatif puisqu'il a notamment pris part au dispositif lors de la venue des Bleus à l'Elysée, après leur victoire en finale de la Coupe du monde.

D'après Dominique Rizet, consultant police justice pour BFMTV, citant une source policière, lors du retour des Bleus en France après leur victoire en finale de la Coupe du monde, Alexandre Benalla était dans le bus avec eux. "Il était à Roissy, il s'est occupé de la sécurité des Bleus, il était dans le bus lors de la descente des Champs-Elysées", a-t-il expliqué sur notre antenne. Sa présence a été confirmée par l'Elysée.

Charlie Vandekerkhove et Liv Audigane