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Qui est Vincent Crase, cet autre collaborateur de l'Elysée lui aussi sanctionné pour violences?

Vincent Crase, un autre collaborateur de l'Elysée, apparaît dans la vidéo mettant en cause Alexandre Benalla ce mercredi. L'ancien réserviste de gendarmerie avait déjà été écarté par la présidence de la République pour des faits similaires.

Alors qu'il s'expliquait sur le cas d'Alexandre Benalla, accusé de violences contre un manifestant, le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit a également mentionné Vincent Crase, un officier de réserve de la gendarmerie, lui aussi sanctionné pour des faits de violences. 

Sur la vidéo datée du 1er mai, on peut clairement distinguer l'homme. Chauve et vêtu d'une veste grise, lunettes sur le front, on le voit traîner au sol le jeune homme auquel Alexandre Benalla va s'en prendre, puis lever la main plusieurs fois nerveusement au-dessus de sa tête. On l'entend également crier "Ecoute-moi!" ou encore "Tu me lâches".

Un proche d'Alexandre Benalla

Employé de La République en marche, Vincent Crase s'avère être un proche d'Alexandre Benalla. Cet ancien réserviste de la gendarmerie de l'Eure s'est reconverti dans la sécurité privée, en fondant avec Alexandre Benalla une Fédération française de la sécurité privée en avril 2016, avant de rapidement se séparer, rapporte le journal Le Monde.

Pendant la campagne, alors employés par La République en Marche, les deux collaborateurs avaient alors voulu commander des armes non létales, notamment des pistolets à balles en caoutchouc afin d'équiper le service de sécurité du parti, avant d'être vivement réfrénés par le trésorier et le directeur de campagne de LaREM.

Une mise à pied de 15 jours

Pour justifier sa présence ce jour-là place de la Contrescape, l'Elysée explique que Vincent Crase avait "demandé l'autorisation d'observer les opérations de maintien de l'ordre pour le 1er Mai", tout comme Alexandre Benalla. Ce jeudi, Gérard Collomb a condamné sans ambiguïté ce qu'il a qualifié d'"acte inadmissible", confirmant que les deux hommes "n'avaient aucune légitimité pour intervenir". Le ministre de l'Intérieur a saisi jeudi matin l'inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices".

Dans sa déclaration ce jeudi matin, le porte-parole de la présidence de la République Bruno Roger-Petit a précisé que Vincent Crase avait d'ores et déjà été sanctionné pour des faits similaires.

Vincent Crase a été "très ponctuellement mobilisé comme d'autres réservistes par le commandement militaire de l'Elysée" pour des missions proches de la sécurité. Lui aussi "ayant outrepassé son autorisation, il a reçu une sanction de 15 jours avec suspension de salaire et il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République", a-t-il précisé. 

Christophe Castaner, quant à lui, a indiqué à Cnews:

"Ma condamnation morale ne suffit pas (...) Je me suis entretenu avec lui (Vincent Crase, NDLR), il ne comprend pas son geste. Il a présenté ses excuses mais ça ne suffit pas", affirmant que l'homme était toujours "agent d'accueil", et confiant que lui-même n'avait pas les éléments pour le licencier.

Vincent Crase sur les images de la vidéo datée du 1er mai, en train de maintenir un jeune manifestant à terre.
Vincent Crase sur les images de la vidéo datée du 1er mai, en train de maintenir un jeune manifestant à terre. © -
Jeanne Bulant