BFMTV

La Turquie refuse d'être un "hôtel" pour les jihadistes de Daesh capturés en Syrie et menace de les  renvoyer

Détenus suspectés d'être affiliés à Daesh dans la prison syrienne d'Hasakeh, le 26 octobre 2019

Détenus suspectés d'être affiliés à Daesh dans la prison syrienne d'Hasakeh, le 26 octobre 2019 - FADEL SENNA / AFP

La Turquie s'insurge contre les pays qui ont opté pour la déchéance de nationalité, dénonçant un "comportement irresponsable".

La Turquie a affirmé ce samedi qu'elle ne garderait pas "jusqu'à la fin des temps" les prisonniers étrangers de Daesh capturés en Syrie et finirait par les renvoyer dans leurs pays d'origine, notamment européens.

"En ce qui concerne les (jihadistes) étrangers, nous allons les garder sous notre contrôle pendant encore un certain temps. Ensuite, nous les renverrons dans leurs pays", a ainsi déclaré à la presse le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu. "Nous n'allons pas pouvoir les garder jusqu'à la fin des temps (...) Nous ne sommes pas un hôtel pour les membres de Daesh", a-t-il insisté.

Le ministre turc a en outre accusé plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, de déchoir certains de leurs ressortissants de leur nationalité pour empêcher Ankara de les expulser.

"Ils ont trouvé une solution facile (...) Ils disent: 'Je l'ai déchu de sa nationalité, débrouillez-vous'. C'est inacceptable de notre point de vue. C'est totalement irresponsable", a déclaré Süleyman Soylu.

De nombreuses évasions

La Turquie a lancé le mois dernier une offensive dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde qu'elle qualifie de "terroriste" mais qui a été le fer de lance de la lutte contre Daesh avec l'appui des pays occidentaux.

Dans le cadre de cette incursion, stoppée après la signature d'accords avec les Etats-Unis et la Russie, les forces turques ont mis la main sur des membres de Daesh qui avaient été faits prisonniers par les combattants kurdes. Selon plusieurs pays, comme les Etats-Unis, d'autres jihadistes se sont échappés de prison en Syrie en profitant du chaos causé par l'offensive turque.

Mélanie Rostagnat avec AFP