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Syrie: les forces kurdes expliquent avoir eu un rôle clé dans la mort du chef de Daesh

Une membre du service interne de sécurité kurde en poste lors d'une manifestation des kurdes syriens contre l'offensive turque et en soutien aux FDS, le 28 octobre 2019

Une membre du service interne de sécurité kurde en poste lors d'une manifestation des kurdes syriens contre l'offensive turque et en soutien aux FDS, le 28 octobre 2019 - Delil Souleiman / AFP

L'opération qui a permis de tuer le chef de Daesh a été conduite par les Etats-Unis, mais pas seulement. Un haut responsable des forces kurdes affirme qu'elles ont eu un rôle clé tout au long de l'opération, notamment dans l'identification par son ADN d'al-Baghdadi, avant le lancement du raid le visant.

Les kurdes auraient joué un rôle central dans l'identification d'Abou bakr al-Baghdadi, et dans la localisation et l'organisation de l'attaque le visant, selon Polat Can, un haut conseiller des Forces démocratiques syriennes (FDS). Leur participation a été centrale selon le haut responsable, qui affirme qu'un agent des forces kurdes en Syrie a dérobé un sous-vêtement appartenant au chef de Daesh pour effectuer des tests ADN et confirmer son identité avant le raid américain qui l'a tué.

Un raid résultant du travail des kurdes et des Etats-Unis

Le président Donald Trump a annoncé dimanche la mort de Abou Bakr al-Baghdadi, dans un raid américain qui a pris pour cible la maison où il se trouvait dans le nord-ouest de la Syrie. Les forces kurdes en Syrie, alliées de Washington dans la lutte antijihadistes, avaient déjà indiqué que le raid était "le résultat d'un travail conjoint des renseignements avec les Etats-Unis".

En annonçant la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, le président Trump a remercié les forces kurdes pour le rôle qu'elles avaient joué, sans élaborer. Le corps du chef de Daesh a été immergé en mer, a indiqué un responsable du Pentagone lundi.

Polat Can a donné ce lundi sur Twitter les détails de cette collaboration entre les FDS, dominées par les combattants kurdes, et les Etats-Unis. "Depuis le 15 mai, nous travaillions avec la CIA pour suivre Baghdadi et le surveiller de près", a-t-il dit. "Une de nos sources a été capable d'atteindre la maison où Baghdadi se cachait. Al Baghdadi changeait de lieu de résidence très souvent. Il était sur le point de se déplacer vers un nouvel endroit, à Jarablous", a-t-il poursuivi.

La source kurde aurait permis l'identification de Baghdadi

"Notre propre source, qui avait été capable d'arriver jusqu'à Baghdadi, a ramené un de ses sous-vêtements pour mener un test ADN et vérifier à 100% que la personne en question était bien Baghdadi", selon lui, une étape clé pour l'opération. Le conseiller a assuré que l'offensive lancée par la Turquie le 9 octobre contre les forces kurdes dans le nord syrien avait retardé l'opération, décidée plus d'un mois auparavant, soulignant toutefois que son succès était largement dû au travail de renseignement des forces kurdes.

"Tout le travail d'espionnage et d'accès à al-Baghdadi, tout comme l'identification d'où il se trouvait, résulte de notre travail. Notre source de renseignement était impliquée dans l'envoi des coordonnées (...) participant à l'opération jusqu'à la dernière minute pour en faire un succès", a-t-il ajouté.

Julia Galan avec AFP