BFMTV

La France bombarde le fief de Daesh en Syrie

Un raid français a bombardé le fief de Daesh à Raqqa en Syrie. Les 2 objectifs visés par les frappes ont été détruits, selon le ministère de la Défense.

La réponse de l'Etat français aux attentats sanglants n'aura pas tardé. Les chasseurs français ont largué 20 bombes dimanche soir sur le fief de l'organisation Etat islamique à Raqqa, dans l'Est de la Syrie, détruisant un poste de commandement et un camp d'entraînement, a annoncé le ministère de la Défense.

"Le premier objectif détruit était utilisé par Daesh (acronyme de l'EI en arabe) comme poste de commandement, centre de recrutement jihadiste et dépôt d'armes et de munitions. Le deuxième objectif abritait un camp d'entraînement terroriste", a précisé le ministère dans un communiqué.

Il s'agit d'une frappe "sans proportion avec ce qui a été fait avant", analyse Dominique Trinquand, spécialiste militaire de BFMTV. Une "frappe massive "au cœur du dispositif jihadiste.

La France a mené ses premières frappes aériennes en Syrie fin septembre. Le porte-avions Charles de Gaulle doit en principe appareiller de Toulon ce mercredi 18 novembre et est attendu sur le théâtre d'opérations dans le courant du mois de décembre. Avec 18 Rafale et 8 Super Étendard modernisés sur le pont, le porte-avions va plus que tripler la puissance de feu du dispositif français engagé dans le cadre de l'opération Chammal, déployée initialement en Irak uniquement.

En coordination avec les forces américaines

Douze appareils, dont dix chasseurs, ont été engagés simultanément à partir des Emirats arabes unis et de la Jordanie et ont largué 20 bombes dimanche soir.

"Planifiée sur des sites préalablement identifiés lors des missions de reconnaissance réalisées par la France, cette opération a été conduite en coordination avec les forces américaines", précise le ministère.

L'EI a revendiqué la vague d'attentats vendredi soir à Paris, qui ont fait au moins 129 morts et 350 blessés. "C'est un acte de guerre commis par une armée terroriste, Daesh, une armée jihadiste", avait déclaré le président français François Hollande, en avertissant que son pays serait impitoyable" sur tous les terrains, "intérieur comme extérieur".

Au-delà des frappes aériennes, se pose la question de l'intervention au sol pour vaincre Daesh.

Patrick Dutartre, ancien général de l'armée de l'air et ancien pilote de chasse juge primordial également que tous les acteurs de la coalition s'entendent autour d'une stratégie globale.

les dates-clés de l'intervention française contre le groupe ei

2014

18 septembre: François Hollande annonce sa décision de répondre favorablement à la demande de "soutien aérien" formulée par l'Irak dans la lutte contre le groupe EI. Mais, précise-t-il, "nous n'irons pas au-delà, il n'y aura pas de troupes au sol et nous n'interviendrons qu'en Irak" et non en Syrie, se démarquant sur ce dernier point des États-Unis.

19 septembre: Les chasseurs français lancent leurs premiers raids contre des positions du groupe dans le nord de l'Irak. L'opération est baptisée "Chammal", du nom d'un vent du nord-ouest de ce pays.

  • 2015

7 septembre: François Hollande annonce pour la première fois des "vols de reconnaissance" de l'aviation française au-dessus de la Syrie, "pour permettre des frappes contre Daech (acronyme arabe de l'EI) en Syrie".

27 septembre: La France mène ses premières frappes contre l'EI en Syrie. Cinq avions Rafale, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 et un avion de ravitaillement C-135 ont été engagés dans l'opération qui a visé un camp d'entraînement de l'EI dans la vallée de l'Euphrate, au sud de Deir Ezzor (est).

8 novembre: Les chasseurs français bombardent un centre d'approvisionnement pétrolier de l'EI près de Deir Ezzor.

K. L. avec AFP