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Attentats de Paris et de Bruxelles: une seule et même équipe

INFOGRAPHIE - Confection des ceintures explosives, soutien financier et logistique, Najim Laachraoui et Ibrahim et Khalid El Bakraoui, les trois kamikazes de Bruxelles ont aussi participé aux attentats de Paris en novembre 2015 rendant crédible l'hypothèse d'une seule et même vaste cellule en Europe.

Najim Laachraoui et Ibrahim et Khalid El Bakraoui. Les trois kamikazes identifiés des attentats à l'aéroport et dans une station de métro de Bruxelles mardi ne sont pas des inconnus pour les enquêteurs. En effet, leurs noms étaient apparus en bonne place dans les investigations sur les attentats de Paris en novembre 2015

"On ne connaît pas le nombre exact (de terroristes) mais c’est la même bande depuis le départ. Pour moi, c’est un groupe de type horizontal, je ne vois pas de chef, les chefs sont là-bas (en Syrie, ndlr)", a assuré Jacques Di Bona, ancien directeur adjoint de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), sur BFMTV.

"Nous sommes face à la même cellule. Tout commence à Bruxelles en mai 2014 avec Medhi Nemmouche et le musée juif, après on a eu Paris en janvier 2015 mais aussi les attaques déjouées comme le Thalys", analyse aussi le spécialiste Jean-Pierre Filiu sur notre antenne.

Laachraoui, l'artificier

En effet, Najim Laachraoui, Bruxellois d'origine marocaine de 24 ans, était recherché dans l'enquête sur les attentats de Paris. Il est suspecté d'être l'artificier de la cellule construite autour d'Abdelhamid Abaaoud et du quartier de Molenbeek. Son ADN avait été retrouvé sur des ceintures explosives utilisées au Stade de France mais aussi au Bataclan. Il est aussi celui qui a viré 750 euros à Hasna Ait Boulahcen, la cousine d'Abaaoud alors que le 13 novembre au soir il reçoit un texto du commando du Bataclan annonçant le début de l'opération meurtrière.

Enfin, passé par la Syrie en 2013, Najim Laacharoui avait été contrôlé à la frontière austro-hongroise en compagnie de Salah Abdeslam et de Mohamed Belkaïd (tué dans le premier assaut contre Salah Abdeslam à Bruxelles) en septembre 2015. Il porte alors l'identité de Soufiane Kayal.

Sous ce même nom, il avait loué la maison d'Auvelais, près de Namur, utilisée par certains membres des commandos du 13 novembre et qui avait été perquisitionnée le 26 novembre dernier. Des traces de son ADN y ont retrouvées ainsi que dans la planque de Schaerbeek, où avaient été confectionnées les ceintures d'explosifs et par laquelle le suspect clé des attentats de Paris, Salah Abdeslam, est passé.
Khalid El Bakraoui, lié aux planques

Plus rapidement, les autorités avaient confirmé que les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui étaient impliqués. Et là encore, on retrouve leurs traces dans les méandres de l'attaque du 13 novembre en France. Notamment de Khalid, agé de 27 ans et connu pour des affaires de banditisme. Il est soupçonné d'avoir loué sous son nom des planques en Belgique pour les commandos des attentats de Paris. D'abord à Charleroi puis récemment à Forest.

Leurs noms étaient apparus dans les médias lors des derniers jours de la traque de Salah Abdeslam. Mercredi soir, la Turquie a affirmé avoir arrêté sur son sol et expulsé en juillet Ibrahim El Bakraoui, déplorant qu'il ait ensuite été remis en liberté en Belgique.

Et alors que deux complices - vus sur les images de vidéo surveillance de l'aéroport et du métro - sont activement recherchés, les autorités belges se concentrent également sur la traque d'un autre homme: Mohamed Abrini. C'est avec lui que Salah Abdeslam avait été filmé peu après les attentats de Paris. Il est toujours introuvable.

Samuel Auffray et Olivier Laffargue