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Hasna Ait Boulahcen, morte à Saint-Denis: de l'ado délurée à la jeune femme radicalisée

L'immeuble détruit après l'assaut et l'explosion de la femme kamikaze, mercredi.

L'immeuble détruit après l'assaut et l'explosion de la femme kamikaze, mercredi. - Joël Saget - AFP

Hasna Ait Boulahcen, cousine de l'organisateur présumé des attentats de Paris Abdelhamid Abaaoud, a été "formellement" identifiée parmi les trois morts dans l'appartement de Saint-Denis, visé par un assaut.

Son nom a surgi dans les médias mercredi, lors de l'assaut d'un appartement à Saint-Denis durant lequel Abdelhamid Abaaoud a aussi été tué: Hasna Ait Boulahcen est le seul personnage féminin à jouer un rôle à ce jour dans la nébuleuse terroriste soupçonnée d'être impliquée dans les attentats. 

La jeune femme, âgée de 26 ans et proche d'Abdelhamid Abaaoud, a elle aussi été tuée dans l'assaut. Son corps a été retrouvé dans la nuit de jeudi à vendredi, et a pu être identifié grâce à ses empreintes digitales. L'incertitude demeure sur les causes de sa mort. Le parquet de Paris a également précisé qu'un sac à main a été découvert, contenant un passeport à son nom.

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Une adolescence rebelle

Placée en famille d'accueil dès l'âge de 5 ans, Hasna Ait Boulahcen a eu une enfance chaotique, loin d'Aulnay-sous-Bois, où vit encore aujourd'hui sa mère. "Au début, ça se passait bien. C'était une gamine comme les autres", mais sans jamais aucun geste de tendresse, témoigne sous couvert d'anonymat sa mère d'accueil. Puis les choses se dégradent: "Pour moi, ça venait de chez elle", des visites une fois par mois chez ses parents. Elle se rappelle le 11 septembre 2001, où la fillette "applaudissait devant la télé".

Peu à peu, l'adolescente ne fait "que ce qui lui plaît", hurle parfois, fait le mur. Elle quitte cette famille d'un coup, à 15 ans. Dernier contact en 2008. "Quand elle est partie, je me suis dit: 'elle est perdue'", raconte la mère d'accueil, qui a pleuré en découvrant sa photo à la télévision.

Elle retourne alors à Aulnay-sous-Bois, "vivant à droite à gauche", confie, sous le choc, une amie proche au Parisien. "C'était une petite fofolle, qui avait la joie de vivre, qui profitait de la vie. Elle a été dans une mauvaise passe et elle s'est laissée influencer par ces assassins", estime-t-elle.

Une soudaine métamorphose

La mère d'Hasna Ait Boulahcen, comme d'autres proches, ont assisté à la radicalisation brutale de la jeune femme il y a près d'un an. La jeune femme délurée s'est mise à porter un voile laissant seulement son visage découvert, avant d'opter pour un niqab. "Elle était instable, elle s'était fabriqué sa propre bulle, elle ne cherchait aucunement à étudier sa religion, je ne l'ai jamais vue ouvrir un Coran", assure un homme qui la connaissait.

Même stupéfaction à Creutzwald, ville ouvrière de Moselle, où elle rendait parfois visite à son père de 74 ans. Là, elle laisse le souvenir d'une fêtarde, "avec son petit chapeau de cow-boy et ses santiags", qui "fumait de temps en temps et buvait dans les soirées", raconte un ancien ami.

Le père, musulman très pratiquant qui avait quitté le foyer familial pour travailler chez PSA, en Lorraine, se trouve actuellement au Maroc. Sa mère, elle, a eu la visite de la des enquêteurs jeudi dans son appartement, venus recueillir des effets personnels d'Hasna.

Alexandra Gonzalez avec AFP