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Covid-19: la flambée des cas de contamination au sein des écoles suscite l'inquiétude

Comme à l'automne, les écoles et collèges resteront ouverts lors de ce 3ème confinement

Comme à l'automne, les écoles et collèges resteront ouverts lors de ce 3ème confinement - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

En une semaine, le nombre de cas déclarés de contamination chez les élèves est passé de 9000 à 15.000.

À l'image du reste de la société, la courbe des contaminations grimpe en flèche au sein des écoles, collèges et lycées. En une semaine, le nombre de cas de Covid-19 déclarés (ce qui peut laisser penser à une sous-estimation) chez les élèves est passé de 9000 à 15.000, mais seules 2018 classes sont fermées, ce qui représente 0,4% des classes en France. Des données qui datent déjà d'une semaine, arrêtées le jeudi 18 mars à 13 heures et publiées le lendemain par le ministère de l'Éducation nationale à l'occasion de son point de situation hebdomadaire.

Selon les informations de franceinfo, plus de 4000 cas de contamination d'élèves et personnels ont été remontés au ministère pour la journée de lundi.

En dépit de cette forte hausse, Jean-Michel Blanquer persiste et signe: "On se contamine moins à l'école que dans le reste de la société", martèle-t-il en substance depuis plusieurs mois.

"Les enfants qui sont contaminés, la plupart du temps quand on remonte la chaîne de contamination, c'est pas du tout à l'école qu'ils se sont contaminés, ils se sont contaminés en famille. C'est plutôt qu'ils peuvent éventuellement contaminer à l'école quand ils arrivent de leur famille", répétait-il la semaine passée sur BFMTV.

Une assertion largement tempérée deux jours après dans le Journal du dimanche par l'épidémiologiste et membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet, qui, s'il admet que "l'école n'est pas un amplificateur mais un reflet de la circulation du virus dans la communauté", estime qu'"avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30% le risque d'être infecté".

Embrouillamini sur les chiffres

Sur BFMTV, le ministre de l'Éducation nationale faisait également valoir les premiers résultats du déploiement des tests salivaires, avec un résultat donnant "un taux de contamination en moyenne d'environ 0,5%". Un chiffre qui serait en définitive plus flou qu'il n'est affiché, "tantôt présenté comme le taux d’incidence (nombre de cas pour 100.000 élèves sur une semaine), tantôt comme le taux de positivité (part des tests positifs sur l’ensemble de ceux réalisés à l’école)", note Libération.

"Jean-Michel Blanquer est dans le déni de ce qui se passe dans les écoles", estime une source gouvernementale auprès de l'Agence France-Presse (AFP), qui ajoute que "message lui a été passé d'être plus précis dans les chiffres et d'évoquer la réalité de ce qu'il se passe dans les écoles plutôt que d'essayer de faire croire l'inverse". Il est selon cette source difficile "de faire croire aux Français qu'on se contamine beaucoup au travail et pas du tout dans les écoles".

Selon des chiffres de Santé publique France cités par Libération, le taux d'incidence chez les 0-9 ans, de 165 cas pour 100.000 au cours de la semaine du 14 au 20 mars, a quadruplé depuis le début de l'année, alors qu'il a "seulement" doublé en population générale, à 310 cette même semaine. Dans la tranche d'âge suivante, les 10-19 ans, il est supérieur et était de 375.

Si l'on se concentre sur la seule région Île-de-France, l'une des plus touchées, l'incidence grimpe à 275 chez les 0-9 ans et 673 chez les 10-19 ans.

Selon le site CovidTracker, le taux d'incidence en population générale était en moyenne de 248,2 pour 100.000 habitants le 21 mars.

Une hausse des contaminations qui se répercute indéniablement sur le bon fonctionnement des établissements scolaires en eux-mêmes, dans lesquels, en raison de la maladie ou du contact avec un porteur de cette dernière, de nombreux personnels sont contraints à l'isolement:

"On a été interpellés en milieu de semaine par un établissement où il y avait 17 collègues absents, soit malades, soit en isolement, sur 26", a confié à franceinfo Ludivine Debacq, militante du syndicat SNES-FSU à l'académie de Lille.

Les vacances de printemps, qui commenceront le 10 avril pour la zone A, suffiront-elles à enrayer la dynamique épidémique et donner un peu d'air aux écoles? En Île-de-France, la présidente Les Républicains (LR) de la région, Valérie Pécresse, suggère de les avancer au 2 avril, au lieu du 17 avril.

Faudra-t-il aller plus loin, un an après la fermeture des établissements scolaires lors du premier confinement, et à nouveau en passer par là? Selon notre sondage Elabe publié mercredi, 58% des personnes interrogées estiment que l'exécutif doit laisser les écoles maternelles ouvertes, et 54% pour les écoles primaires. Des chiffres qui tombent à 36% au sujet des collèges et lycées.

Clarisse Martin