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Covid-19: pour Arnaud Fontanet, "avoir un collégien chez soi accroît de 30% le risque" d'infection

L'épidémiologiste Arnaud Fontanet le 28 mars 2020.

L'épidémiologiste Arnaud Fontanet le 28 mars 2020. - Geoffroy Van der Hasselt / Pool

Le membre du Conseil scientifique juge ce dimanche dans le JDD que "l'école est le talon d'Achille assumé du dispositif actuel".

Pour Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique, garder les écoles ouvertes "dans une situation où le virus circule fortement [...] revient à prendre à risque". Dans un entretien donné au JDD, le spécialiste, qui espère voir l'impact de la vaccination dès cet été, concède que "l'école n'est pas un amplificateur mais un reflet de la circulation du virus dans la communauté".

"Si l'immense majorité des enfants ne fait pas de complications cliniques, ils exposent leurs proches ayant des comorbidités ou leurs grands-parents", a-t-il ajouté.

D'après le scientifique, "avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30% le risque d'être infecté". Quant aux élèves de primaire, "on n'a pas observé d'augmentation de risque (...) mais c'était avant l'arrivée du variant anglais".

La fermeture des écoles, une piste écartée par l'exécutif

Cette hypothèse de l'école comme lieu de contamination ne tient pas la corde pour Jean-Michel Blanquer, pour qui les enfants se contaminent chez eux. "Les enfants qui sont contaminés, la plupart du temps quand on remonte la chaîne de contamination, c'est pas du tout à l'école qu'ils se sont contaminés, ils se sont contaminés en famille. C'est plutôt qu'ils peuvent éventuellement contaminer à l'école quand ils arrivent de leur famille", a-t-il affirmé ce vendredi sur notre plateau.

Concernant une éventuelle fermeture des écoles, "la question se pose" tout de même pour Arnaud Fontanet, quand bien même l'exécutif a constamment rappelé qu'elles ne seraient fermées qu'en tout dernier recours.

"L'école est le talon d'Achille assumé du dispositif actuel. Mais garder les établissements ouverts le plus longtemps possible est important: il faut être strict sur les mesures sanitaires, notamment pendant les repas, éviter les regroupements aux alentours et y intensifier le dépistage", a plaidé le membre du Conseil scientifique pour conclure.

Fanny Rocher