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Santé

Covid-19: l'épidémiologiste Fontanet espère voir l'impact de la vaccination cet été

Arnaud Fontanet, épidémiologiste à  l'Institut Pasteur, s'exprime lors d'une conférence de presse, le 28 mars 2020 à Paris

Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur, s'exprime lors d'une conférence de presse, le 28 mars 2020 à Paris - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP

L'épidémiologiste, membre du Conseil scientifique, plaide par ailleurs dans le JDD pour une extension des nouvelles restrictions sanitaires aux autres régions qui subissent aussi une flambée du coronavirus.

Des régions autres que les 16 départements soumis à de nouvelles restrictions pourraient basculer prochainement dans une situation "très difficile" en raison du variant dit anglais, a prévenu Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique.

Dans un entretien au Journal du dimanche, il a appelé à soumettre sans tarder les autres régions encore épargnées par la flambée épidémique aux restrictions appliquées depuis samedi dans les 16 départements.

"C'est maintenant qu'il faut agir et tester ailleurs l'impact de nouvelles mesures pour voir si elles marchent, avant d'arriver au stade où l'on n'a plus d'autre choix que de tout fermer", a déclaré le professeur Fontanet. "Hormis la façade atlantique (...) et peut-être la Corse qui ont toujours mieux résisté, on peut redouter que les autres régions basculent bientôt dans une situation très difficile avec la poussée du variant anglais", a-t-il ajouté.

"On n'a pas le droit à l'erreur"

Il a précisé que "si les mesures proposées pour l'Île-de-France et les Hauts-de-France (...) étaient mises en place précocement dans ces autres régions, on aurait le temps d'évaluer leur efficacité pour n'avoir à les durcir qu'en cas de nécessité".

Interrogé pour savoir si ces mesures seraient suffisantes pour freiner le virus, le professeur Fontanet a indiqué que "quoi qu'il arrive, on a devant nous deux à trois semaines avant que les mesures prises aient un effet sur les admissions en réanimation, pendant lesquelles le variant anglais va achever d'occuper l'espace".

"La question est de savoir si, avec la lassitude ambiante, les gens vont comprendre et se saisir de ces consignes. Mais en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Paca, on n'a pas le droit à l'erreur. On frôle déjà les 100 % de saturation en réanimation", a mis en garde l'épidémiologiste, rappelant que le variant dit anglais est "60 % plus transmissible que le virus historique".

Il espère un impact de la vaccination cet été

A la question de savoir si une fermeture prochaine des écoles étaient envisagées, il a répondu que "la question se pos(ait)".

"L'école est le talon d'Achille assumé du dispositif actuel. Mais garder les établissements ouverts le plus longtemps possible est important: il faut être strict sur les mesures sanitaires, notamment pendant les repas, éviter les regroupements aux alentours et y intensifier le dépistage", a-t-il dit.

Et s'il s'attend d"'ici mai ou juin", à "une réduction de 50 % des hospitalisations par rapport à une situation sans vaccin", Arnaud Fontanet souligne que "l'impact réel de la campagne se fera sentir à l'été, si la population accepte de se faire très largement vacciner".

Jé. M. avec AFP