BFMTV

Attentats déjoués par la DGSI: quelles villes étaient visées?

Mehdi Nemmouche, arrêté en mai dernier, a affirmé devant des otages qu'il surveillait en Syrie qu'il projetait de faire un attentat sur les Champs-Elysées le 14 juillet.

Mehdi Nemmouche, arrêté en mai dernier, a affirmé devant des otages qu'il surveillait en Syrie qu'il projetait de faire un attentat sur les Champs-Elysées le 14 juillet. - Bretwa - Wikimedia

Une note dévoilée ce lundi évoque cinq affaires dans lesquelles des suspects ont été arrêtés. Ils sont soupçonnés d'avoir projeté des attentats en France.

Une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dévoilée lundi par RTL et intitulée "Projets d'actions terroristes en lien avec les filières syriennes", fait état de plusieurs projets d'attentats déjoués depuis le mois d'août 2013 sur le sol français.

> Interpellé à Lille

Cinq cas sont évoqués, selon nos informations. Le premier concerne un jeune homme lillois, L. D., arrêté en août 2013 à Lille. Il avait été repéré par les services de renseignement pour son radicalisme religieux. Lors de son interpellation, il était "muni d'un mode d'emploi expliquant comment confectionner une bombe, et d'une lettre en forme de caution religieuse pour commettre une action suicide", indique RTL.

> Interpellé près de Nice

Le deuxième cas concerne I.B., un jeune homme de 23 ans interpellé le 17 février à Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes. A son domicile et dans le local technique de l'immeuble, les enquêteurs ont découvert 900 grammes d'explosif "prêts à l'emploi", ainsi qu'une arme. Dans la note, la DGSI estime que son projet aurait pu viser le Carnaval de Nice. Le maire de la ville, Christian Estrosi, a fait part sur BFMTV de sa colère de n'avoir pas été informé de ces craintes de l'Etat.

Selon nos informations, le suspect interpellé était lié a Jérémie Louis-Sidney, un Français d'origine antillaise, tué par des policiers lors de son interpellation à Strasbourg, les armes à la main, et chef présumé de la cellule Cannes-Torcy. Une mouvance considérée par la police comme le groupe le plus dangereux depuis la vague d'attentats du milieu des années 1990.

> Interpellé à Marseille

La troisième affaire est celle de Mehdi Nemmouche, mis en examen dans l'enquête sur la tuerie de Bruxelles dans un musée juif en mai dernier. Mehdi Nemmouche, 29 ans, a été interpellé à Marseille le 30 mai avant d'être extradé fin juillet en Belgique, où il a été inculpé et incarcéré pour le quadruple assassinat commis à Bruxelles.

Selon les procès-verbaux consultés par Libération de quatre ex-otages français, qui ont reconnu en Mehdi Nemmouche l'un de leurs geôliers en Syrie, le jeune homme prévoyait un attentat au coeur de Paris, sur les Champs-Elysées, le 14 juillet, promettant de faire "cinq fois Merah".

> Interpellé à Créteil

M. O., lui, a été arrêté à Créteil, dans le Val-de-Marne, en juillet dernier. Originaire de cette ville de banlieue, le jeune homme était parti en avril dernier pour la Syrie, pour rejoindre les rangs du groupe Etat islamique, prenant de court tous ses proches qui n'avaient pas senti ses velléités de départ, raconte Le Parisien. Là-bas, il a intégré un camp d'entraînement.

Il a ensuite eu pour projet de commettre des attentats en Libye lors d'une mission-suicide, mais pour une raison encore inconnue, il n'est finalement pas passé à l'acte, selon nos informations. Dès son retour en France après ce projet avorté, il aurait contacté des cadres de l'Etat islamique, se disant prêt à passer à l'acte de nouveau, mais cette fois-ci sur le sol français. Alertés par sa dangerosité, les enquêteurs qui l'avaient placé sous surveillance ont décidé de l'interpeller au domicile familial le 1er juillet dernier. Il a ensuite été mis en examen pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste".

> Interpellés près de Vaulx-en-Velin

Le dernier cas évoqué dans la note est celui de deux frères, interpellés en septembre dernier près de Vaulx-en-Velin, dans le Rhône. Ils "nourrissaient l'ambition de mourir en martyyrs", avait assuré le parquet de Paris après leur arrestation. Une enquête, ouverte depuis le 15 juillet, visait leur famille. Cette dernière est suspectée d'être à l'origine d'une filière jihadiste vers la Syrie, recrutant notamment des jeunes filles.

Le coup de filet avait été déclenché "du fait d'éléments laissant craindre un passage à l'acte violent imminent", selon le parquet, rappelle L'Express. L'un est âgé de 19 ans, l'autre de 22 ans. "Un membre de leur famille" est déjà "décédé dans un attentat suicide en Syrie en juin", avait indiqué le parquet de Paris, et trois membres de la fratrie "combattent actuellement en Syrie au sein de l'organisation terroriste de l'Etat islamique."

Le plus jeune, âgé de 19 ans, avait déjà été mis en examen puis libéré sous contrôle judiciaire en novembre 2012, dans le cadre de l'enquête sur "Forsane Alizza", un groupuscule salafiste dissous par Manuel Valls en 2012. Lors de son interpellation en septembre dernier, le jeune homme était muni d'une arme de calibre 38.

Alexandra Gonzalez avec Sarah-Lou Cohen