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Effet des fêtes, variant britannique du Covid-19... Pourquoi la semaine est décisive

Alain Fischer, Jean Castex et Olivier Véran jeudi lors de la conférence de presse sur la campagne vaccinale.

Alain Fischer, Jean Castex et Olivier Véran jeudi lors de la conférence de presse sur la campagne vaccinale. - BENOIT TESSIER / POOL / AFP

Deux indicateurs vont être particulièrement scrutés: les chiffres liés au réveillon du 31 décembre et la progression redoutée du variant britannique. Ces données orienteront le gouvernement.

La semaine qui démarre s'annonce cruciale. Dix jours après le réveillon du jour de l’An, les autorités vont pouvoir mesurer les conséquences des retrouvailles festives sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19. Alors qu'on atteint en moyenne 15.000 nouvelles contaminations par jour, la France "pourrait basculer dans une croissance exponentielle", prévient, dans les colonnes du Parisien, l'épidémiologiste Antoine Flahault.

Même son de cloche du côté du professeur Arnaud Fontanet. Invité de BFMTV-RMC ce lundi matin, le membre du Conseil scientifique a estimé que l'on "va très vraisemblablement avoir une recrudescence des cas en France dans les semaines qui viennent".

"Cette semaine, on va vraiment entrer dans le dur", confirment à nos confrères des voix au ministère de la Santé, où l'on attend les chiffres liés au réveillon du 31 décembre. "L'actualité va plus porter sur le sujet épidémiologique que vaccinal. On le voit bien avec le nombre de contaminations qui augmente, plus de 20.000 par jour depuis la fin de semaine dernière."

Le variant, une "nouvelle épidémie dans l’épidémie"

Le taux de positivité, qui mesure le pourcentage de personnes positives au Covid-19, poursuit également son augmentation à 6,5% dimanche contre 6,3% samedi. Il était à 5,2% il y a une semaine. Des données qui pourraient encore être aggravées par l’arrivée en France du variant britannique du coronavirus, réputé plus contagieux.

"Nous devons vraiment tout faire pour limiter ce variant", avertissait jeudi soir sur BFMTV Olivier Véran qui "ne cachait pas (son) inquiétude" quant à ce que qualifie le professeur Arnaud Fontanet de "nouvelle épidémie dans l’épidémie".

La forme anglaise du Covid-19 a été recensée pour la première fois en France à Tours en décembre dernier. Depuis, elle semble se diffuser sur l'ensemble du territoire, en particulier à Bagneux et à Marseille, où des clusters ont été détectés.

Mais à quel point est-il répandu? Pour tenter de répondre à cette question, une étude a été lancée sur les cas testés positifs jeudi et vendredi: les autorités sanitaires vont y rechercher la présence du variant. Les résultats sont attendus "en milieu de semaine", a estimé Arnaud Fontanet. Ils seront complétés par le dépistage massif organisé à Roubaix, où là aussi une éventuelle présence du variant dans la région va être recherchée.

"Ce virus, même s’il n’est pas plus agressif, est beaucoup plus contagieux, 50 à 75% plus contagieux que le virus classique. Si le virus est présent, je pense que ça donnera aux autorités l’occasion de peaufiner leur dispositif", avance sur notre antenne le docteur Jean-Philippe Dancoine, médecin généraliste et adjoint au maire chargé de la Santé.

Vers des "mesures plus lourdes"?

Le gouvernement prendra-t-il de nouvelles mesures pour lutter contre le Covid-19? Nous devrions être fixés cette semaine, notamment après la prise de parole du Premier ministre attendue ce jeudi.

"S'il y a des décisions importantes à prendre, ça va être maintenant", glisse au Parisien une source au ministère de la Santé qui attend également dans les prochains jours un nouvel avis du Conseil scientifique. Dans une interview à L'Express, le président de l'instance, Jean-François Delfraissy, estimait que cette semaine serait "peut-être le moment de discuter de mesures plus lourdes pour éviter une extension de l'épidémie".

Celui-ci donnera aux autorités un aiguillage sur la stratégie à adopter. Faut-il généraliser l’avancement de couvre-feu à l’ensemble du territoire? Un troisième confinement doit-il être mis en place?

"À ce stade, il n'y a pas de reconfinement prévu (...) mais on suit la situation avec attention", indique ce lundi sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement appelant à ne "surtout pas baisser la garde". Plus de réponses à venir cette semaine.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV