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Variant britannique du Covid-19: ce que l'on sait du "cluster" détecté à Marseille

23 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid-19 à la suite d'une réunion familiale, dont huit portant le variant. Les investigations se poursuivent dans la cité phocéenne.

La France va-t-elle à son tour voir le variant britannique du coronavirus se propager sur le territoire? Le cluster identifié samedi à Marseille, qui compte 23 personnes testées positives au Covid-19, inclut désormais huit personnes porteuses du variant, plus contagieux que la souche initiale du virus.

Analyses en cours

Samedi, les autorités sanitaires ont annoncé qu'une première personne avait été testée positive au variant anglais. Elle fait partie d'une famille de cinq expatriés français installés au Royaume-Uni, venus passer les fêtes de fin d'année dans les Bouches-du-Rhône. Leur test de dépistage a été effectué à l'IHU de Marseille, celui où officie le Pr Didier Raoult, le 31 décembre. Après son diagnostic positif, il s'est avéré qu'il y avait 45 cas contacts. C'est sur ces 45 cas que 23 personnes ont été testées positives.

Selon un point presse organisé dans une caserne des marins-pompiers de Marseille ce jour, sur ces 23 cas positifs, au moins sept correspondent à la souche britannique, d'après Michèle Rubirola, première adjointe chargée de la santé à Marseille.

De son côté, l'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur affirme être "en contact avec les personnes actuellement en isolement et poursuit ses investigations pour identifier d’autres éventuels cas contacts et permettre de les dépister".

Des séquençages génétiques et des analyses sont en cours pour déterminer combien de personnes, parmi les 23 cas positifs, ont été touchées par le variant britannique. Lequel requiert des tests plus poussés que le simple PCR afin d'être décelé chez un patient.

"Chaque minute compte"

Pour les autorités locales démarre une véritable course contre la montre. Toujours lors du point presse, l'actuel maire socialiste de la cité phocéenne, Benoît Payan a appelé à une réaction immédiate:

"Désormais chaque minute compte pour endiguer la propagation de la souche anglaise. (...) Il nous faut réagir immédiatement, nous souhaitons que l'on sorte des schémas habituels de la crise et tout faire pour tracer, tester et isoler en urgence tous les porteurs potentiels de la souche britannique."

Une équipe de 40 marins-pompiers de la ville est mobilisée depuis ce week-end pour effectuer des prélèvements de surface et des eaux usées aux domiciles des personnes testées positives au coronavirus, qu'il s'agisse de la souche britannique ou non. Un immeuble a déjà montré des signes de Covid-19 dans l'environnement, obligeant les autorités à réaliser des tests sur les 30 résidents de l'immeuble.

Dépistage systémique

Pour le Pr Christophe Rapp, infectiologue à l'hôpital américain de Paris et consultant BFMTV, il s'agit là d'une "préoccupation, car il s'agit d'un variant plus transmissible".

"Il y a une diffusion épidémique, un cluster, mais il peut y avoir une diffusion communautaire. Comme il est plus contagieux, on peut s'attendre à plus de cas et plus d'hospitalisations, plus de décès", s'inquiète-t-il.

Ce risque survient alors même que le taux d'incidence du Covid-19 en France ne cesse de grimper dans certains départements, dont celui des Bouches-du-Rhône, où le couvre-feu a été avancé à 18 heures à partir de ce dimanche.

"Il faut retarder la propagation de ce variant en essayant de le dépister précocement, en discutant aux frontières, éventuellement avec le dépistage systématique. Il y a peut-être une discussion de mise en quarantaine de sujets venant de régions où le variant circule", estime le Pr Christophe Rapp.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV