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INFOGRAPHIES. Cas, hospitalisations... Comment évolue l'épidémie de Covid-19 dans votre département

Epidémie de covid-19 : le point dans chaque département

Epidémie de covid-19 : le point dans chaque département - BFMTV

Depuis le mois d'août, les indicateurs sanitaires se dégradent de jour en jour en France. BFMTV fait le point sur l'épidémie de coronavirus en France, département par département.

Fermetures partielles - voire totales - des bars et restaurants dans certaines métropoles, limitation du nombre de personnes présentes dans les événements publics et les rassemblements, fermeture des salles de sport... Le gouvernement a dévoilé mercredi 23 septembre une liste de restrictions inédites pour contrer la propagation de l'épidémie de coronavirus.

Ces mesures, les plus spectaculaires depuis la fin du confinement le 11 mai, ont suscité un mécontentement des maires de Marseille ou encore de Paris. Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, elles sont néanmoins justifiées :

La situation continue globalement de se dégrader. La circulation du virus atteint dans certains territoires des niveaux tels que les conséquences sanitaires et en particulier le niveau de tension hospitalière (...) exigent que nous prenions des mesures supplémentaires.

Qu'en est-il exactement? En se basant sur 5 des principaux indicateurs diffusés par Santé publique France, BFMTV fait le point sur la situation sanitaire en France. Les données figurant dans cet article ont été mises à jour le lundi 28 septembre 2020. Si les infographies ne s'affichent pas correctement sur votre navigateur, cliquez ici.

• Le taux d'incidence: en alerte dans 66 départements

L'un des principaux indicateurs sanitaires est le taux d'incidence. Il correspond au nombre de nouveaux cas de coronavirus officiellement comptabilisés sur les 7 derniers jours, département par département. Afin de les comparer équitablement, on rapporte ce chiffre à 100.000 habitants.

Si le département dépasse les 10 nouveaux cas pour 100.000 habitants, le seuil de vigilance est franchi. Actuellement, 35 départements ont atteint ce stade. 66 autres ont quant à eux dépassé le seuil d'alerte, fixé à 50 nouveaux cas pour 100.000 habitants. Si la carte ne s'affiche pas correctement sur votre navigateur, cliquez ici.

Bien qu'il ne s'agisse pas forcément du critère le plus fiable, car de nombreux cas asymptomatiques ne sont pas détectés, comme nous l'expliquions dans ce précédent article, la récente évolution à la hausse de ce taux inquiète fortement les autorités nationales et internationales. C'est notamment à cause de ce chiffre que l'Allemagne et la Belgique ont décidé de placer le département de Paris en "zone à risque".

Pour consulter l'évolution de ce taux dans votre département, sélectionnez-le dans le menu déroulant de l'infographie ci-dessous. Si l'infographie ne s'affiche pas correctement sur votre navigateur, cliquez ici.

• Le nombre de cas positifs: en forte hausse

C'est l'autre indicateur qui fait le plus réagir ces dernières semaines: le nombre de cas positifs au coronavirus bat des records de jour en jour. La semaine dernière, on a enregistré jusqu'à 13.000 cas par jour: un seuil inédit depuis le déconfinement.

Attention cependant car, si ce chiffre reste inquiétant, il demeure tout de même assez biaisé parce que le nombre de tests réalisé par jour augmente en permanence. Mi-juin, seulement 215.000 dépistages étaient menés par semaine. Cette semaine, plus d'un million de tests ont été effectués. Plus on teste, plus le nombre de cas positifs augmente.

Il n'empêche qu'en France, le nombre de cas positifs augmente de plus en plus rapidement, comme le montre notre infographie. Et le taux de positivité des tests a lui aussi augmenté ces dernières semaines.

Pour consulter l'évolution dans votre département, sélectionnez-le dans le menu déroulant de l'infographie ci-dessous. Si l'infographie ne s'affiche pas correctement sur votre navigateur, cliquez ici.

• Le nombre de cas graves: en augmentation

Il s'agit de l'indicateur le plus important et le moins biaisé: le nombre de cas graves - hospitalisations, admissions en réanimation, décès - augmente lui aussi. Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, la tension hospitalière pourrait devenir critique dans plusieurs métropoles si la situation sanitaire ne s'améliore pas rapidement.

C'est notamment le cas en Île-de-France, région sur laquelle le ministre le Santé s'est attardé lors de sa conférence de presse du 23 septembre :

Au rythme actuel [ndlr: en Île-de-France], on peut s'attendre à ce que 40% des capacités régionales de réanimation soient utilisées pour des patients Covid au 10 octobre, 60% le 25 octobre et 85% aux alentours du 11 novembre. (...) Pour les zones d'alerte maximale [ndlr: comme la métropole d'Aix-Marseille], les conséquences sont déjà lourdes sur le système sanitaire.

Le nombre de nouvelles hospitalisations augmente en effet constamment depuis la mi-août et de plus en plus fortement ces derniers jours. Avec 783 nouveaux patients hospitalisés mardi 22 septembre, on dépasse désormais les niveaux atteints lors du déconfinement - 670 par jour - même si on reste très loin des 4000 nouvelles hospitalisations quotidiennes enregistrées lors du pic de l'épidémie, au début du mois d'avril.

Pour consulter l'évolution dans votre département, sélectionnez-le dans le menu déroulant de l'infographie ci-dessous. Si l'infographie ne s'affiche pas correctement sur votre navigateur, cliquez ici.

Au niveau des admissions en soins intensifs, la situation est également très préoccupante. Lors du déconfinement, une soixantaine de personnes étaient admises en réanimation chaque jour. Mardi 22 septembre, 130 patients ont été admis. Ce chiffre reste néanmoins bien plus faible que le record atteint pendant le pic de l'épidémie, début avril (750 admissions quotidiennes).

Pour consulter l'évolution dans votre département, sélectionnez-le dans le menu déroulant de l'infographie ci-dessous. Si l'infographie ne s'affiche pas correctement sur votre navigateur, cliquez ici.

L'évolution est en revanche moins perceptible au niveau des décès. On en enregistrait plus de 100 par jour au lendemain du déconfinement contre "seulement" 68 le 22 septembre - là encore loin des 600 décès quotidiens constatés au pic de l'épidémie début avril.

Pour consulter l'évolution dans votre département, sélectionnez-le dans le menu déroulant de l'infographie ci-dessous. Si l'infographie ne s'affiche pas correctement sur votre navigateur, cliquez ici.

Une situation critique d'ici quelques semaines?

On sait cependant qu'il existe souvent un décalage entre la hausse du nombre de nouveaux cas et celle des cas graves, ces derniers résultant souvent d'une contamination datant d'au moins 15 jours. En mars, le directeur général de la Santé expliquait le processus classique de l'admission en soins intensifs:

Vous avez été contaminés (...), vous avez à peu près une semaine d’incubation. Vous commencez alors à être malade, vous êtes éventuellement moins bien, et c’est à partir de ce moment que vous allez vous adresser à l’hôpital (...). Donc 15 jours après cette contamination, on observe notamment le passage en réanimation.

Selon l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, interrogé le 6 septembre sur LCI, la situation pourrait devenir critique non pas lors de cette rentrée mais vers le mois de décembre. Un constat partagé par les deux prix Nobel d'économie 2019, qui plaident pour un reconfinement national pendant la période de l'Avent, du 1er au 20 décembre.

L'inquiétude ne vaut pas que pour la France mais également pour l'ensemble du Vieux continent, à en croire le directeur de la branche européenne de l'Organisation Mondiale de la Santé, Hans Kluge:

Cela va devenir plus dur. En octobre, en novembre, on va voir une mortalité plus élevée.
Louis Tanca Journaliste BFMTV