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Covid-19: Édouard Philippe justifie sa gestion de la crise qui "a permis de sauver beaucoup de vies"

L'ancien chef de gouvernement a par ailleurs concédé quelques erreurs de communication, notamment sur les masques.

L'ancien Premier ministre Édouard Philippe a défendu mercredi en audition à l'Assemblée sa gestion de la crise sanitaire qui a, selon lui, "permis de sauver beaucoup de vies", tout en admettant avoir commis quelques erreurs de communication, notamment sur les masques.

Entendu durant près de trois heures par la commission d'enquête sur le coronavirus au Palais-Bourbon, l'ancien chef de gouvernement a été questionné sur les tenants et aboutissants de certaines décisions prises entre janvier 2020 - date des premiers signaux d'alerte autour du virus - jusqu'au déconfinement de la fin du printemps.

"Je pense que la façon dont nous avons géré la crise a permis de sauver beaucoup de vies. Pas toutes. Mais ce serait bien qu'on se le dise un petit peu", a lancé l'ancien chef du gouvernement, remplacé début juillet par Jean Castex.

"En porte-à-faux" sur le sujet des masques

Récusant tout retard à l'allumage - "notre capacité de réaction m'a paru rapide" - Édouard Philippe a notamment insisté sur le caractère incertain, partiel et évolutif des informations dont il a disposé pour fonder ses décisions face à un virus jusque-là inconnu. Et de manière générale, il a également souligné la difficulté de trancher "quand vous avez immédiatement le risque pénal sur le dos", alors que lui-même est mis en cause avec d'autres membres de son gouvernement dans une enquête de la Cour de justice de la République.

Face aux députés qui l'interrogeaient sur des erreurs de communication, Édouard Philippe a consenti se trouver rétrospectivement "en porte-à-faux" sur le sujet des masques, après avoir dit "à un 13 heures de TF1 que le port du masque en population générale n'avait aucun sens".

"J'ai tendance à penser qu'en gestion de crise, on a plutôt intérêt à se concentrer sur la décision à prendre plutôt que sur ce qu'il risque de se passer pour moi trois mois après", a-t-il ajouté, disant assumer ses propos.

Débat public compliqué sur les questions scientifiques

Interrogé sur les "choses qui n'ont pas bien fonctionné", l'actuel maire du Havre s'est dit "heurté" de l'incapacité collective "à avoir un débat public ordonné autour des questions médicales et scientifiques".

"Je suis convaincu que l'invective permanente, la critique violente sur des questions complexes et incertaines, a considérablement nui à la façon dont nos concitoyens pouvaient appréhender la part du combat qui dépendait d'eux", a-t-il déploré, sans toutefois citer les controverses qui ont opposé le gouvernement au professeur marseillais Didier Raoult.

Édouard Philippe a aussi souligné que les "instruments de planification" (stocks de masque, de médicaments...) n'avaient pas été "totalement adaptés" à la crise et que le dialogue entre les échelons locaux et nationaux n'avaient pas été optimaux.

Mais "l'immense majorité du pays s'est conformé aux instructions données et a fait de son mieux", a martelé Édouard Philippe.

La question des municipales

Revenant sur l'épisode du maintien controversé du premier tour des élections municipales le 15 mars, juste avant de confiner le pays, Édouard Philippe a relaté les pressions contradictoires de tous bords et jusqu'à la veille au soir du scrutin, où certains lui ont promis "la guerre" si "les élections ne se tiennent pas".

Mais selon Édouard Philippe, la décision de tenir le vote a été la bonne: dans le scénario contraire, "je pense qu'à la crise sanitaire dure se serait ajoutée une crise politique très dure".

L'ancien locataire de Matignon a enfin assuré avoir nourri "des vraies angoisses pendant cette crise". "Quand vous avez des directeurs d'hôpitaux qui vous disent 'dans 36 heures, j'ai plus de curare et j'ai un service de réanimation plein', vous n'êtes pas exactement détendu", a-t-il pointé.

C.M. avec AFP