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Coronavirus: que sait-on des risques de contamination à l'école pour les enfants?

Ecoles et collèges restent ouverts pour ce deuxième confinement mais les protocoles sanitaires sont renforcés

Ecoles et collèges restent ouverts pour ce deuxième confinement mais les protocoles sanitaires sont renforcés - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

Contrairement à ce qui avait été décidé au printemps, les établissements scolaires restent ouverts lors de ce deuxième confinement, avec une obligation du port du masque étendue à partir de 6 ans.

C'était l'une des craintes exprimées à plusieurs reprises à l'orée de la rentrée de septembre dernier: les écoles, collèges et lycées allaient-ils devenir des lieux de transmission privilégiés du nouveau coronavirus?

Une crainte à nouveau d'actualité, alors que le pays est confiné pour la deuxième fois depuis vendredi mais que les établissements scolaires restent ouverts, contrairement à ce qui avait été décidé lors du premier confinement au printemps dernier. Pour freiner les contaminations, le protocole sanitaire a cependant été renforcé et les écoliers doivent porter un masque en classe à partir de 6 ans, contre 11 ans lors de la rentrée de septembre.

"Il faut que la rentrée puisse se passer. Et j’annonce, d’emblée, qu’il y aura des contaminations à l’école, et qu’on va les gérer, qu’il y aura des enfants qui vont se contaminer et qu’il y aura probablement quelques enseignants qui vont se contaminer. On va le gérer, on va apprendre à gérer ça", assurait l'immunologiste Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, le 24 août dernier sur franceinfo.

Moins symptomatiques que les adultes

Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, les données concernant les enfants, et notamment leur contagiosité, ont varié. Ils ont un temps été considérés comme "super-contaminateurs" et souvent porteurs sains du virus, d'où le fait qu'au printemps dernier, quelques jours avant le confinement, c'est la fermeture des écoles qui avait été de prime abord annoncée.

Ce postulat a finalement été atténué: les enfants ont continué à être considérés comme davantage asymptomatiques que les adultes, mais moins contaminants. "L'école n'est pas le nid du virus", assurait fin septembre Jean-Michel Blancher dans un entretien au Figaro.

"Aujourd’hui, les enfants sont très peu ou pas contaminants entre eux, comme l’a indiqué le Haut Conseil de la santé publique dans son avis du 17 septembre", ajoutait le ministre de l' Éducation nationale. "Aller à l'école n'est pas un risque sanitaire excessif par rapport au reste de la vie", a-t-il plaidé ce lundi sur France Inter.

Peu de clusters importants en milieu scolaire

Dans l'avis cité par Jean-Michel Blanquer, le Haut Conseil de la santé publique notait "que les enfants sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la transmission du SARS-CoV-2. Le risque de transmission existe surtout d’adulte à adulte et d’adulte à enfant et rarement d’enfant à enfant ou d’enfant à adulte".

Une note dans la continuité de celle rendue par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) le 6 août dernier. Dans ce document, l'ECDC indiquait que moins de 5% des cas de Covid-19 signalés au sein de l'Union européenne (UE), du Royaume-Uni et de l'Espace économique européen (EEE) concernaient des personnes âgées de moins de 18 ans.

L'ECDC soulignait toutefois que des foyers de contamination étaient découverts en milieu scolaire, bien que "très peu" de clusters importants y aient été rapportés.

"Les recherches sur les cas identifiés en milieu scolaire suggèrent que la transmission d'enfant à enfant à l'école est rare et n'est pas la principale cause d'infection par le SARS-CoV-2 chez les enfants dont le début de l'infection coïncide avec la période pendant laquelle ils ont été à l'école, en particulier dans les écoles maternelles et écoles primaires", indiquait l'ECDC.

Au cœur de l'été, l'agence européenne relevait toutefois l'existence de "preuves contradictoires" quant à l'impact des fermetures et réouvertures d'écoles sur les niveaux de transmission du coronavirus.

"Les données observées au sein d'un certain nombre de pays de l'UE suggèrent que la réouverture des écoles n'a pas été associée à des augmentations de la transmission communautaire", tempérait toutefois l'ECDC.

Les adolescents aussi contagieux que les adultes?

Dans son avis rendu le 26 septembre, soit deux jours avant l'annonce du nouveau confinement, le Conseil scientifique s'appuyait largement sur cette note de l'ECDC pour résumer l'état des connaissances acquises sur la transmission du virus chez les personnes de moins de 18 ans, en faisant une distinction entre les adolescents et enfants de moins de 12 ans.

"Les adolescents de 12 à 18 ans semblent avoir la même susceptibilité au virus et la même contagiosité vers leur entourage que les adultes" avec "cependant des formes moins sévères de la maladie comparé aux adultes, avec une proportion de formes asymptomatiques autour de 50%", écrivent les scientifiques français. Des statistiques qui conduit certains pays à "envisager la fermeture" des collèges et lycées, "ou un passage à des effectifs plus faibles".

Le Conseil scientifique notait également le fait que "les enfants âgés de 6 à 11 ans semblent moins susceptibles, et moins contagieux, comparés aux adultes. Ils font des formes bénignes de la maladie, avec une proportion de formes asymptomatiques autour de 70%", dans la lignée des conclusions estivales de l'ECDC.

Mise en garde du Conseil scientifique

Concernant le risque de transmission du virus en milieu scolaire, le Conseil scientifique met en balance les données épidémiologiques générales pour éclairer le risque au sein des établissements scolaires et formuler une mise en garde.

"Les études rassurantes publiées pendant l’été 2020 sur le risque modéré d’épidémies en milieu scolaire l’étaient avant tout parce que la circulation du virus en Europe en post-confinement était faible", analysent les membres du conseil. Et de conclure que "la situation a radicalement changé avec la reprise épidémique du mois d’octobre et doit nous conduire à reconsidérer l’ouverture des établissements scolaires".

Ce lundi matin, 12 millions d'écoliers, collégiens et lycéens ont repris les cours après deux semaines de vacances. Au vu de la situation épidémique, le Conseil scientifique recommandait notamment dans son avis de renforcer l'application du protocole sanitaire et d'organiser "une surveillance reposant sur les tests d’infection active (...) pour s’assurer que les établissements scolaires et universitaires ne deviennent pas un haut lieu de circulation du virus dans un contexte de suppression généralisée".

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Reconfinement

Clarisse Martin Journaliste BFMTV