BFMTV

Rejet de Sylvie Goulard: pour Raphaël Glucksmann, "c'est l'échec de l'arrogance d'Emmanuel Macron"

Invité ce vendredi matin de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, l'eurodéputé du parti Place publique s'en prend directement à l'attitude du président de la République au lendemain du recalage massif de Sylvie Goulard à la Commission européenne.

C'est un rejet massif synonyme de camouflet pour Emmanuel Macron. Au lendemain du recalage de la candidature de Sylvie Goulard à la Commission européenne, retoquée par les eurodéputés à 82 voix contre 29, l'attitude du président de la République est de nouveau pointée du doigt par l'opposition et autres éditorialistes. Parmi eux, Raphaël Glucksmann, invité ce vendredi matin de Jean-Jacques Bourdin pour BFMTV et RMC:

"C'est l'échec de l'arrogance d'Emmanuel Macron", commente sur notre plateau le cofondateur du parti Place publique.

"Tous les signaux qui venaient de Bruxelles disaient la même chose: elle ne passera pas", poursuit-il. "Et c'est pas une revanche de tel ou tel groupe politique, la fronde elle part déjà des députés des pays du Nord qui sont scandalisés qu'on puise envoyer à Bruxelles une commissaire qui ne peut pas être ministre en France."

En cause? Les deux enquêtes en cours, en France et au niveau de l'Union européenne, sur la participation de Sylvie Goulard à un système d'emploi fictif présumé pour le MoDem.

"Il y a eu une fronde réelle"

"Il y a eu une fronde réelle" continue celui qui est également eurodéputé. "Ce qu'il s'est passé, c'est qu'Emmanuel Macron, qui n'a pas eu l'habitude en France qu'un parlement lui résiste, n'a pas anticipé qu'un parlement pouvait lui résister."

De quoi expliquer, toujours selon notre invité, la réaction du chef de l'État, jeudi, après le rejet de sa candidate. Ce dernier ayant fait part d'une certaine incompréhension: "Je me suis battu pour un portefeuille, j'ai soumis trois noms. On m'a dit 'votre nom est formidable, on le prend' et puis on me dit finalement 'on n'en veut plus'. Il faut qu'on m'explique." a-t-il commenté lors d'une conférence de presse à Lyon.

"Macron n'a pas l'habitude qu'on lui résiste"

Pour Raphaël Glucksmann, l'actuel locataire de l'Élysée s'est confronté à "une démocratie parlementaire" qui n'existerait pas, selon notre invité, en France:

"Il y a des députés (au Parlement européen, NDLR) qui posent des questions et votent en leurs âmes et consciences, et ne votent pas pour quelqu'un qui ne présente pas les garanties sur le plan éthique que eux attendent."

"Monsieur Macron, en particulier avec sa majorité godillot, n'a pas l'habitude qu'on lui résiste", martèle l'eurodéputé, qui voit en ce rejet "une affirmation importante du parlement européen".

Si la France conserve l'important portefeuille qui lui a été accordé pour la future Commission européenne, elle a jusqu'au 24 octobre pour proposer un nouveau nom. S'il tient à souligner qu'il ne soutient pas le gouvernement actuel, Raphaël Glucksmann estime qu'il faudrait a priori "une femme sans casserole, sans doute sur la condition éthique". "Il y a plein de gens qui peuvent remplir ce rôle", conclut-il, sans avancer de nom.

Jérémy Maccaud