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"On a sous-estimé les rancœurs": gueule de bois dans la délégation française à Bruxelles après l'éviction de Goulard

Le parlement européen - Image d'illustration -

Le parlement européen - Image d'illustration - - Frédérick Florin - AFP

Ce jeudi, le Parlement européen a rejeté à une large majorité la candidature de Sylvie Goulard comme future membre de la Commission européenne. Un revers pour Emmanuel Macron, et un coup dur pour la délégation française à Bruxelles dans le groupe "Renew".

L'éviction de Sylvie Goulard de la Commission européenne est un coup dur pour les eurodéputés de la majorité présidentielle. L'ancienne ministre a été recalée par 82 voix contre 29 par les parlementaires des commissions qui l'avaient auditionnée pour la seconde fois.

Pour Emmanuel Macron, en déplacement à Lyon, sa candidate fait les frais du jeu politique bruxellois. Le chef de l'Etat a dit "ne pas comprendre" les raisons du rejet de la candidature française évoquant "ce qui s'est joué de ressentiment, peut-être de petitesse" dans le vote des eurodéputés.

Pour Nathalie Loiseau, eurodéputée LaREM, "Sylvie Goulard paye la rancune de ceux qui au Parlement européen ont eu des déboires". "Ceux qui ont été les plus virulents, les plus bas vis-à-vis de Sylvie Goulard, ce sont les députés européens français qui ont manifestement la défaite mauvaise. La France insoumise, le Rassemblement national et Les Républicains se sont alliés contre une candidate française. Nous sommes le seul pays à avoir donné ce spectacle désolant", a-t-elle regretté sur notre antenne. 

Un problème de portefeuille

Un membre de la délégation française du groupe Renew, où siègent les élus LaREM, estime qu'on "a complètement sous-estimé les rancœurs". "C’est un sentiment partagé dans toute la délégation", croit-il savoir. Une autre juge qu'il y a eu "un bon gros travail de sape des LFI, RN et LR". "Le ressentiment du côté du PPE (droite traditionnelle, NDLR) est particulièrement fort depuis l’affaire Manfred Weber", analyse-t-on. Le nom du membre de la CDU allemande avait été écarté par Emmanuel Macron alors qu'il était favori pour prendre la tête de la Commission européenne. 

Et maintenant? La France va devoir proposer un autre nom. Emmanuel Macron a minimisé ce rejet, en estimant que le plus important pour lui était l'étendue du portefeuille. Mais dans la délégation, on pointe justement ce problème. "On est emmerdés car c’est pas tant un problème de personne, de profil. Ils ont utilisé l'histoire des assistants parlementaires pour apporter de l’eau au moulin… mais en fait c’est un problème de portefeuille et un ressentiment envers Macron et la France".

Il doit y avoir un vote dans deux semaines, qui pourrait être reporté. Il s'agit de celui du collège de la Commission, qui doit valider l'ensemble de l'équipe exécutive. Mais avec ce rejet, ainsi que celui du conservateur Hongrois Laszlo Trocssanyi (PPE) et de la socialiste roumaine Rovana Plumb, les cartes sont rebattues. Et devraient se trouver entre les mains de la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, et d'Emmanuel Macron.

Désormais, plusieurs noms circulent. Celui de Florence Parly, qui était déjà parmi les possibles candidates au moment du choix de Sylvie Goulard, mais également ceux d'Amélie de Montchalin ou encore de Michel Barnier, ancien commissaire européen et actuel négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit. 

Julia van Aelst, avec Ivan Valerio