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Primaire à gauche: Macron dans toutes les têtes

Le troisième débat de la primaire à gauche ce jeudi aborde différents thèmes auquel le prochain président aura à se confronter. Mais l'actualité politique a introduit un autre sujet de discussion dans l'échange: la candidature d'Emmanuel Macron.

Et s’ils étaient, non pas sept intervenants, mais huit dans le débat de la primaire à gauche? Bien sûr, François de Rugy, Benoît Hamon, Jean-Luc Bennahmias, Arnaud Montebourg, Sylvia Pinel, Vincent Peillon et Manuel Valls sont les seuls à briguer la désignation de la majorité sortante lors de ce scrutin préliminaire en vue de la présidentielle 2017. Cependant, Emmanuel Macron, pour sa part candidat à la présidentielle, est un personnage devenu incontournable à gauche.

Les candidats écologistes jouent l'apaisement

En plein milieu du débat, François de Rugy a été invité à donner son avis sur le discours du candidat Emmanuel Macron. Le président du Parti écologiste a commencé par relever que le candidat En Marche ne parle jamais d'écologie", glissant au passage que quand il le faisait malgré tout c'était pour adopter des positions "proches de celles d'Arnaud Montebourg". Il a surtout paru prendre en compte cette influence nouvelle du fondateur d' "En marche!" dans la gauche réformiste.

"Le vainqueur de la primaire devra tout faire pour qu'il n'y ait pas un second tour entre Marine Le Pen et François Fillon", a-t-il dit, laissant le champ des réflexions ouvert à un éventuel désistement en faveur de l'énarque. 

L'autre candidat écologiste de la soirée, Jean-Luc Bennahmias, président du Front démocrate, a prôné le dialogue avec Emmanuel Macron...mais aussi avec Jean-Luc Mélenchon à l'autre bout du spectre de cette famille politique. Pour le reste, l'ex-député européen a affirmé qu'il n'était "pas ébranlé" par la campagne d'Emmanuel Macron. 

Sylvia Pinel et Benoît Hamon à l'offensive

Sylvia Pinel, présidente du Parti radical de gauche, n'a pas eu la même indulgence envers son ancien collègue au sein du gouvernement. Elle a ainsi souligné: "Le véritable courage aurait été de participer à cette primaire, ça aurait été aussi une marque de loyauté envers le camp qui lui a permis de servir son pays."

Benoît Hamon, désormais un des favoris dans la course à la victoire dans cette primaire à gauche, a lui aussi mis en avant l'absence d'Emmanuel Macron dans ce scrutin préliminaire à la présidentielle: "Celui ou celle qui sera choisi à l'issue de cette primaire aura, à la différence d'Emmanuel Macron, la légitimité d'une force démocratique d'un vote des électeurs de gauche."

Et le programme de l'ancien ministre de l'Economie n'a rien pour impressionner le député élu dans les Yvelines qui a déclaré ne pas le trouver "inintéressant, mais vieux", comparant la démarche d'Emmanuel Macron aux réformes mises en oeuvre par Gerhrard Schroder en Allemagne et Tony Blair dans le Royaume-Uni au tournant des années 2000.

Arnaud Montebourg et Vincent Peillon plus narquois

Arnaud Montebourg a beau bien connaître celui qui lui a succédé à Bercy, il peine à comprendre sa doctrine et sa place sur l'échiquier politique. "J'ai besoin de comprendre son programme. Quel est-il?" 

L'ancien ministre du Redressement productif a fait part de son incrédulité devant les va-et-vient idéologiques et géographiques d'Emmanuel Macron:

"Je ne comprends pas comment on peut aller au Puy-du-Fou chez Philippe de Villiers faire son éloge. Ensuite, prendre le train, aller à Nevers faire l'éloge de François Mitterrand. Reprendre le train pour voir le président Giscard d'Estaing et faire son éloge, puis recevoir le soutien de Jean-Pierre Raffarin et les critiques de Gérard Larcher. Personne ne comprend rien."

Vincent Peillon n'a pas dit, lui, s'il voyait clair dans le jeu de leur rival commun mais il a en revanche affirmé qu'il ne lui faisait "pas peur": "Il cherche à faire croire qu'il n'a pas été nommé par la gauche. Ah! Pas de chance! Il était ministre de François Hollande et de Manuel Valls." Le 29 janvier au soir, la primaire à gauche aura son vainqueur. Et celui-ci ou celle-ci aura alors à dialoguer ou à affronter Emmanuel Macron loin du cadre de la presse à sensation. Et dans le camp de l'ex-ministre on prévient déjà: on demandera au vainqueur de la primaire à se retirer au profit d'Emmanuel Macron. 

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Robin Verner