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Pour Hamon, Macron est un "président immature"

Benoît Hamon condamne les propos d'Emmanuel Macron sur "les fainéants", "les cyniques" et "les extrêmes".

Un président ne devrait pas dire ça. Benoît Hamon, qui trouvait déjà le surnom "Jupiter" était "ridicule", juge maintenant qu'Emmanuel Macron est "un président immature". Interrogé, ce lundi sur notre antenne, sur les propos polémiques du chef de l'Etat, qui affirmait vendredi qu'il "ne céderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", l'ancien candidat socialiste a vivement réagi.

"Un président de la République ne dit pas cela", condamne Benoît Hamon. On est pas né avec Emmanuel Macron dans ce pays, ça commence à devenir un peu pénible. Il est sympathique, jeune et surtout immature."

"Symboles autoritaires"

"C’est immature de passer son temps à consteller l’exercice du pouvoir de symboles puisés dans l’antiquité - Jupiter - ou dans l’Ancien régime -Versailles. Ce sont des symboles de pouvoir personnel, autoritaire", dénonce le fondateur du Mouvement du 1er Juillet. Un autoritarisme et un goût de la mise en scène qui ont déjà été reprochés au président de la République, par exemple lors de son bras de fer avec l'ancien chef d'état-major des armées Pierre de Villiers. 

"Quand on est pas capable d’entendre que dans une démocratie, des opinions contraires s’expriment, et que si elles s’expriment - pardon monsieur Macron - ce n’est pas seulement le fait d’extrémistes, de fainéants et de cyniques, c'est immature"; insiste Benoît Hamon.

Un président "cynique"

Le battu de l'élection présidentielle retourne contre Emmanuel Macron le terme de "cynique", qui résume bien, selon lui, la politique décidée par l'Élysée. 

"Cyniques ? Qui va baisser l’impôt sur la fortune quand par ailleurs il augmente la CSG ?", demande-t-il. "Ce qui est cynique, c’est de dire ‘je suis contre le réchauffement de la planète, mais pour faire plaisir à mes amis banquiers, je supprime la taxe sur les transactions financières’."

Et de conclure, caustique: "On reproche aux autres ses propres turpitudes. Eh bien, peut-être qu’il était dans l’autoportrait."

dossier :

Benoît Hamon

Louis Nadau