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Affaire Benalla: qui est le commissaire Creusat, premier mis en examen à être entendu par le Sénat

Le commissaire Maxence Creusat était en charge du maintien de l'ordre le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris.

Le commissaire Maxence Creusat était en charge du maintien de l'ordre le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris. - AFP

Le commissaire Maxence Creusat est entendu ce mercredi par la commission des Lois du Sénat dans le cadre de son enquête sur les événements de la place de la Contrescarpe le 1er mai. Le policier de 30 ans a été mis en examen dans cette affaire pour avoir remis la vidéo des faits à Alexandre Benalla.

Lui se présentera devant la commission des Lois du Sénat et assure vouloir répondre à toutes les questions au sujet des événements du 1er-Mai à Paris sauf celles qui relèvent de l'enquête judiciaire. Maxence Creusat, commissaire à la Direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris, doit être entendu ce mercredi à partir de 12h15 par les sénateurs réunis en commission d'enquête. Maxence Creusat est le premier des quatre mis en examen dans l'affaire Benalla à se présenter devant les parlementaires.

"Combatif"

Selon nos informations, le commissaire, qui explique que cette affaire le dépasse, assure vouloir répondre à toutes les questions. A l'inverse d'Alexandre Benalla qui a indiqué qu'il ne se rendrait pas devant la commission du Sénat, le commissaire préfère se présenter devant eux plutôt que de risquer une peine de prison. Décrit comme combatif, il entend parler des événements du 1er-Mai, de la présence d'Alexandre Benalla mais aussi du fonctionnement entre la préfecture de police et l'Elysée.

"Mon client le commissaire Creusat n’entend esquiver aucune question, et notamment celle, essentielle pour comprendre ce dossier, de la proximité manifeste aux yeux du jeune commissaire qu’il est, entre la plus haute hiérarchie policière et Monsieur Benalla", avait déjà précisé son avocat, Me Thibault de Montbrial, au mois de juillet dernier.

Maxence Creusat, ancien policier à Nantes, a intégré la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) en janvier 2016. Suspendu après sa mise en examen le 21 juillet dernier et placé sous contrôle judiciaire, le 1er mai, le commissaire de 30 ans était chargé du maintien de l'ordre place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement à Paris. Informé de la présence d'Alexandre Benalla ce jour-là par Laurent Simonin, contrôleur général à la DOPC, il a expliqué n'avoir rien vu des faits reprochés à l'ancien chargé de mission de l'Elysée.

"Arrivé sur la place de la Contrescarpe vers 18 heures, avec pour mission de la 'boucler' avec les effectifs de la CRS n°15 afin d’éviter la constitution d’un nouveau cortège, le commissaire Creusat constate, de fait, la présence sur le site d’Alexandre Benalla qui lui désigne un individu ayant jeté des projectiles sur les forces de l’ordre en suggérant qu’il soit interpellé. Ordre est donné par le commissaire Creusat à un groupe de la CRS 15 de procéder à cette interpellation", précise l'IGPN dans son rapport.

"Une grosse connerie"

Selon la police des polices, cette interpellation aurait provoqué un mouvement des manifestants. C'est à ce moment-là qu'Alexandre Benalla, casque de policier vissé sur la tête, intervient. Des images le montrent en train de molester un manifestant. "Le lendemain, Alain Gibelin (le directeur de la DOPC, NDLR) apprenait du directeur de cabinet du préfet de police que circulait sur les réseaux sociaux une vidéo sur laquelle figurait Alexandre Benalla. Maxence Creusat qui réalise régulièrement une veille sur le net, confirmait cette information", précise encore l'IGPN.

C'est sur ce point que Maxence Creusat est poursuivi par la justice. Au soir des révélations du Monde sur les événements de la Contrescarpe, le commissaire Creusat se serait déplacé auprès des services de vidéosurveillance de la préfecture pour vérifier l'existence d'une vidéo des faits. Il aurait alors prévenu Laurent Simonin qui, lui-même, aurait averti Alexandre Benalla, avant de lui proposer de lui transmettre les images. Désormais, le policier est suspecté de "violation du secret professionnel" et de "détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection".

Le 18 juillet, "le commissaire Maxence Creusat est venu me voir à 13h30, le visage défait, m’expliquant qu’il a fait selon ses mots 'une grosse connerie'", avait confié à la commission de l'Assemblée nationale Alain Gibelin, directeur de la DOPC.

Justine Chevalier