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L'affaire Benalla n'est pas finie: le Sénat va reprendre ses auditions mercredi

La fiche de paie d'Alexandre Benalla.

La fiche de paie d'Alexandre Benalla. - BFMTV

La commission d'enquête du Sénat va reprendre ses travaux, et n'exclut pas d'auditionner Alexandre Benalla lui-même. En attendant, elle convoquera le chef de cabinet de l'Elysée François-Xavier Lauch.

L'affaire Benalla n'est pas terminée. Après une interruption estivale, les travaux de la commission d'enquête du Sénat vont reprendre dès mercredi prochain, avec l'audition, notamment, du chef de cabinet de l'Elysée, François-Xavier Lauch. De quoi relancer les débats autour de l'affaire qui a empoisonné l'été d'Emmanuel Macron.

Une affaire à tiroirs. D'un côté, le volet judiciaire: Alexandre Benalla a été mis en examen des chefs de "violences en réunion n'ayant pas entraîné d'incapacité temporaire de travail", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l'autorité publique" et "port et complicité de port prohibé et sans droit d'insignes réglementés par l'autorité publique".

"Son témoignage nous intéresse"

De l'autre, un volet politique. L'affaire Benalla a déjà fait l'objet d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale, qui ne remettra pas de rapport. Le Sénat s'en est également saisi, et c'est donc le travail de la commission d'enquête qui relance l'affaire. Plusieurs auditions vont être menées et son président, Philippe Bas, n'exclut pas d'entendre le protagoniste de l'affaire, Alexandre Benalla lui-même.

Mais la commission ne pouvant s'immiscer dans le travail de la justice, elle ne pourra pas interroger le mis en cause sur certains aspects de l'affaire: "Ce qui m'intéresse c'est son témoignage sur le fonctionnement de l'Etat, la sécurité et son rôle propre", explique Philippe Bas sur BFMTV. "C'est quelqu'un qui peut nous apporter une information sur le bon fonctionnement des choses."

Quelle était exactement la place d'Alexandre Benalla vis-à-vis d'Emmanuel Macron? C'est la question que la commission va tenter d'éclairer.

"Lorsqu'on recrute à l'Elysée quelqu'un dont la formation concerne la sécurité, qui a été garde du corps et qu'on nous dit que sa tâche exclut toute mission de protection personnelle du président de la République, on est en droit de se poser des questions", justifie Philippe Bas.

"S'il est vrai qu'il avait une fonction de protection rapprochée, il faut exiger le respect de l'organisation de la protection du président, et ne pas assurer une forme de sécurité qui n'offrirait pas les mêmes garanties de protection de haut niveau [que celles existant officiellement]".

Un besoin de transparence

Pour mener à bien sa tâche, la commission a pourtant besoin de moyens. Et à entendre Philippe Bas, elle ne dispose pas de toutes les informations nécessaires: "On a eu beaucoup d'informations mais pas toutes. Par exemple la fiche de poste d'Alexandre Benalla – parce que officiellement il ne s'occupait pas de protection rapprochée". Il réclame donc "de la transparence". Quant au jour où Alexandre Benalla pourrait être entendu, il n'est pas encore déterminé. "On se laisse le temps, l'agenda de la semaine prochaine est déjà très chargé", conclut Philippe Bas.

Ariane Kujawski, avec Sarah-Lou Cohen