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Paris: Anne Hidalgo maintient que les écologistes "ont un sujet" avec la République

Depuis la semaine dernière, la tension est montée entre EELV et la maire de la capitale. Cette dernière estime toutefois qu'il n'y "rien d'indépassable" entre les deux alliés.

La maire de Paris Anne Hidalgo persiste et signe: les écologistes "ont un sujet" avec la République, mais elle juge qu'il faut "s'influencer" sur cette question et que "les gauches ne sont pas irréconciliables", dans un entretien publié dans L'Obs jeudi.

Interrogée sur la manifestation contre l'islamophobie il y a un an à l'appel notamment du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), à laquelle elle n'avait pas participé contrairement aux Verts, elle explique ne pas se reconnaître dans le discours décolonial et l'avoir dit aux écologistes: "Ils ont un sujet, ce n'est pas tabou de le dire. En tant que maire de Paris, personne ne me fera adopter une position que je considère comme du relativisme culturel", lance-t-elle.

Mais, poursuit-elle, "je ne pense pas que les gauches sont irréconciliables. Je ne suis pas sur des positions qui ont fracturé la gauche, en rompant le dialogue. Il n'y a rien d'indépassable, pas de difficultés insolubles".

La tension monte depuis une semaine

Au contraire, "on a une capacité à dépasser les postures car on est dans l'action", estime-t-elle, car "les Verts nous ont fait progresser sur l'écologie. Si on veut être en capacité de gérer un jour ce pays ensemble, on doit s'influencer sur les questions républicaines".

Elle estime à cet égard qu'il y a "une obligation républicaine de mettre en place des politiques concrètes, dans l'éducation, l'accès à l'emploi, la déghettoïsation des territoires. Il faut y mettre beaucoup de moyens publics".

La tension est brusquement remontée ces derniers jours entre la maire socialiste et les élus EELV au Conseil de Paris qui, s'ils ont voté mi-novembre en faveur de la désignation d'un lieu de la capitale du nom du professeur assassiné Samuel Paty, ont jugé la décision prématurée, règlement à l'appui.

Mélenchon fustigé "l'ambiguïté" d'Hidalgo

Une attitude qu'Anne Hidalgo a trouvée samedi "choquante": elle les a ainsi invités à "progresser sur les questions notamment de République". Le secrétaire national d'EELV a réclamé "des excuses" de la maire.

A gauche, le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon est monté au front lundi dans un billet de blog, en fustigeant les "accusations fielleuses" d'Anne Hidalgo qui apporte selon lui "sa contribution à l'esprit de chasse aux sorcières qui anime les dirigeants du PS les plus proches de la LREM", "Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Olivier Faure".

Il retourne à Anne Hidalgo le terme "ambiguïté" qu'elle a utilisé à l'égard des Verts, en l'accusant d'avoir montré des "comportements à double face en matière de rapport aux religions", notamment en participant en avril dernier comme maire à la bénédiction de la Ville de Paris, aux côtés de l'archevêque, pour le "jeudi saint".

Pour Jean-Luc Mélenchon, la stratégie d'Anne Hidalgo vise à "ériger une barrière de haine religieuse pour l'élection régionale en Ile-de-France" et la présidentielle de 2022.

B.R. avec AFP