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Les six difficultés qui attendent Macron à la rentrée

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Une pile de dossiers brûlants attend l'exécutif à son retour de vacances.

.Le calme avant la tempête? Pour Emmanuel Macron, en vacances pour quelques jours après une séquence mouvementée, l'horizon de la rentrée se charge déjà de nuages, prêts à tourner à l'orage politique. Voici les principales difficultés qui attendent le chef de l'Etat.

Front social contre la loi travail

Le Premier ministre a beau s'être lancé dans une opération déminage dès mercredi sur RTL, la réforme par ordonnances du code du travail, pour laquelle l'exécutif a été habilité par les députés début août, ne sera pas un long fleuve tranquille. Une intersyndicale CGT-FO-Solidaires-UNEF-FSU a d'ores et déjà appelé à une journée de mobilisation "contre le démantèlement du code du travail" le 12 septembre.

La France insoumise organisera quant à elle un "rassemblement populaire" le 23 septembre. Socialistes, communistes et insoumis devraient de plus s'unir à l'Assemblée nationale contre le texte lors des débats sur la "ratification" des ordonnances, qui doit leur donner force de loi.

Loi antiterroriste et opération Sentinelle

  • Après l'attaque contre des militaires à Levallois-Perret, le dossier est brûlant: le projet de loi antiterroriste "renforçant la sécurité intérieure" arrivera en commission à l'Assemblée nationale en septembre, après avoir été voté par le Sénat en première lecture. Le texte, bien qu'atténué par les sénateurs, prévoit cependant de reverser dans le droit commun la plupart des dispositions de l'état d'urgence, qui s'achèvera le 1er novembre.

De nombreux juristes, associations et responsables politiques, dont le Défenseur des droits Jacques Toubon, s'étaient déjà opposés à ce projet, jugé liberticide. Toujours dans le cadre de la sécurité intérieure, l'opposition sera par ailleurs attentive aux adaptations de l'opération Sentinelle promises par l'exécutif, alors que les armées traversent une crise profonde.

Budget 2018

Ce sera un moment décisif pour Emmanuel Macron: le gouvernement devra défendre à l'Assemblée la première loi de finances du quinquennat, axée selon le Premier ministre Édouard Philippe sur la réduction du déficit public et la baisse de la fiscalité. Matignon l'assume: "Un budget traduit des choix". Logement et emploi devraient faire l'objet de baisses de dotations, tandis que justice, armées, éducation et enseignement supérieur seraient au contraire des dépenses revues à la hausse.

L'autre versant de la loi de finances devrait acter plusieurs baisses d'impôts promises par le candidat Macron, dont certaines, hautement symboliques, sont politiquement explosives. Ainsi, la limitation de l'ISF au capital immobilier et la baisse de l'impôt sur les sociétés devraient être largement critiquées à gauche. Cette baisse des recettes promet un budget difficile à boucler.

Élections sénatoriales

Le renouvellement de la moitié des 348 sénateurs le 24 septembre devrait laisser la chambre haute aux mains de la droite, et la présidence à Gérard Larcher. Si Emmanuel Macron peut très bien se passer du contrôle du Sénat en raison de la nature des institutions (l'Assemblée a le dernier mot sur les textes dans la plupart des cas), le palais du Luxembourg peut ralentir l'avancée des lois et exercer un certain pouvoir de "nuisance" pour l'exécutif.

Une défaite de La République en marche - la première - confirmerait l'essoufflement de la majorité, symbolisé par la chute libre d'Emmanuel Macron dans les sondages.

  • Affaires Ferrand et Pénicaud

Le président du groupe LREM à l'Assemblée et la ministre du Travail font l'un et l'autre l'objet d'enquêtes judiciaires. La décision du parquet de Brest concernant l'affaire immobilière dans laquelle serait impliqué Richard Ferrand devrait tomber en septembre, et pourrait conduire à sa mise en examen, qui fragiliserait encore son statut dans la majorité.

Selon Le Canard Enchaîné, Muriel Pénicaud "n'échappera pas" quant à elle à "une visite chez les juges" dans le cadre de l'affaire Business France. Son ancienne directrice adjointe va être convoquée début septembre "en vue de sa mise en examen", toujours selon l'hebdomadaire. Si Muriel Pénicaud était elle aussi mise en examen, il s'agirait d'un coup très dur pour Emmanuel Macron, dont le gouvernement compte déjà quatre ministres démissionnaires en raison d'affaires.

En plus de ces dossiers, d'autres dossiers "serpents de mer" pourraient également ressurgir à la rentrée. Parmi eux: la crise migratoire, les difficultés industrielles et notamment le dossier STX, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et les centrales nucléaires, sujets particulièrement sensibles pour l'une des figures du gouvernement, l'écologiste Nicolas Hulot.

Louis Nadau