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Sarkozy ne veut plus du "chloroforme" de l'union nationale

Nicolas Sarkozy à Tourcoing, le jeudi 29 janvier.

Nicolas Sarkozy à Tourcoing, le jeudi 29 janvier. - Philippe Hugen -AFP

Le tiers payant généralisé? Nicolas Sarkozy y voit une mesure à la fois "démagogique" et "contre-productive". Le président de l'UMP l'a dit lors d'une rencontre avec des médecins généralistes à Tourcoing, première étape d'une tournée de déplacements sur le terrain.

Nicolas Sarkozy, qui a renoué jeudi à Tourcoing, dans le Nord, avec les visites de terrain, a entériné la fin de l'unité nationale, du "chloroforme" selon lui, en accentuant ses attaques contre la politique de François Hollande et Manuel Valls.

Le président de l'UMP avait choisi la ville de Gérald Darmanin, son porte-parole durant la campagne interne, afin de repartir "à la rencontre des Français" pour la première fois depuis l'élection du 29 novembre.

Nicolas Sarkozy a profité de l'occasion pour critiquer la généralisation du tiers payant dans le secteur médical. 

"Une volonté de détruire la médecine libérale"

Il l'a dit aux médecins, généralistes et spécialistes, qu'il a rencontrés à la maison de santé de la ZUP de la Bourgogne, à Tourcoing, dont la mairie, ancien bastion socialiste, est passée à droite en 2014: "Il y a une volonté de détruire la médecine libérale". Il a annoncé son intention de "s'investir" lui-même "dans les questions de santé" qui l'ont "toujours intéressé".

Nicolas Sarkozy, qui a fêté ses 60 ans mercredi, a ensuite été accueilli chaleureusement au théâtre municipal de Tourcoing par plusieurs centaines de sympathisants de l'UMP chantant "joyeux anniversaire".

"L'unité nationale n'est pas bouteille de chloroforme"

Revenant sur les attentats meurtriers en France, il a affirmé: "L'unité nationale, ce n'est pas une petite bouteille de chloroforme pour chacun des parlementaires UMP et le président de l'UMP". "Quand François Hollande m'a invité, j'y suis allé, je ne sais pas à qui ça a fait le plus plaisir, c'était son devoir de m'inviter, c'était mon devoir d'y aller", a-t-il souligné.

Mais "l'unité nationale exige la vérité nationale", a-t-il poursuivi, en évoquant les 400 policiers supplémentaires par an sur trois ans annoncés par le gouvernement. "Les premiers renforts arriveront dans la police dans deux ans et demi et les derniers dans cinq ans", a-t-il de nouveau dénoncé.

Une sortie de Schengen pour mieux y revenir?

A propos de l'immigration, Nicolas Sarkozy a déclaré: "Nous ne sommes pas condamnés à choisir entre l'immigration zéro qui n'a pas de sens et une immigration incontrôlable, le choix est exactement au milieu". "Si nos partenaires ne sont pas convaincus, on sort de Schengen et nous reviendrons quand ils auront changé Schengen".

Aux côtés du député-maire de Tourcoing, Gérald Darmanin, son ancien porte-parole durant la campagne pour la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy a appelé une nouvelle fois à l'union au sein de l'UMP: "Sans union et sans rassemblement rien n'est possible".

Evoquant les prochaines élections cantonales, régionales et la présidentielle de 2017, il a déclaré: "Le moment d'aujourd'hui, c'est le moment du travail collectif, du travail en équipe pour redonner espérance à notre pays qui est inquiet et à cran".

Il a profité de l'occasion pour annoncer son soutien à la candidature de son ancien ministre de la Santé Xavier Bertrand aux régionales dans la nouvelle entité Nord-Pas-de-Calais, Picardie: "Je souhaite que Xavier Bertrand soit notre candidat aux régionales", a-t-il dit.

D. N. avec agences