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"Les gens qui réussissent" et "les gens qui ne sont rien": la phrase d'Emmanuel Macron qui agace

Présent lors de l'inauguration de l'incubateur Station F, le président de la République a opposé dans son discours "les gens qui réussissent" et "les gens qui ne sont rien".

"La France est un pays d’entrepreneurs", lançait Emmanuel Macron le 15 juin dernier au salon VivaTech à Paris. "I want France to be a start-up nation", renchérissait-il en parallèle sur Twitter. Cela ne fait pas de doute: le nouveau président de la République adore les start-uppers, qui le lui rendent bien. C’était encore le cas jeudi dernier lors de l’inauguration de Station F, l’incubateur géant de Xavier Niel.

Sauf que cette fois-ci, Emmanuel Macron est peut-être allé un peu trop loin dans les compliments. S’adressant aux entrepreneurs présents, il leur a enjoint de se rappeler plus tard de ce lieu, la Halle Freyssinet, un ancien bâtiment ferroviaire, dont ils s'apprêtent à prendre possession comme un endroit d’échanges et de partage.

"Vous aurez appris dans une gare, et une gare c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien", a-t-il ainsi lancé à l’assemblée.

"Parce que c’est un lieu où on passe, parce que c’est un lieu qu’on partage, parce que la planète où nous sommes aujourd’hui, parce que cette ville, parce que notre pays, parce que notre continent ce sont des lieux où nous passons, et si nous oublions cela en voulant accumuler dans un coin, on oublie d’où on vient et où on va", a ensuite continué le président de la République.

Mais le mal était fait et l’antithèse entre les personnes "qui réussissent" et celles qui, par opposition, n’ayant rien entrepris ou réussi "ne sont rien", a rapidement fait grincer des dents sur les réseaux sociaux.

Une manne pour les opposants politiques

Ses opposants politiques n’ont d’ailleurs pas tardé à sauter sur l’occasion et critiquer ses propos. Pour Pascal Durand, député européen EELV, cela "illustre parfaitement la pensée macronienne".

Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, dénonce lui un "mépris de classe", quand Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste de Paris et ancienne ministre, critique des "indignes propos" d’un "président de la République où tous sont citoyens égaux".

La petite phrase a aussi remué à droite, comme Thierry Mariani (LR), qui dénonce lui aussi du "mépris", et même à l'extrême-droite avec le vice-président du Front national Florian Philippot qui juge des "propos plus que honteux". Le président de Debout la France et ex-candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan a même estimé sur France 3 qu'Emmanuel Macron "devrait s'excuser".

Cette sortie du président n’est pas sans rappeler les propos polémiques d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, aux abattoirs Gad dans le Finistère. Il avait alors déclaré qu’il y avait dans l’usine "une majorité de femmes, (...) pour beaucoup illettrées", avant de platement s’excuser quelques jours plus tard. Toujours ministre de l’Economie, en mai 2016, c’est à Lunel, dans l'Hérault, qu’il avait perdu patience face à deux grévistes et avait fini par leur dire:

"Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler".

Liv Audigane