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Affaire Ferrand: Bayrou évoque "un événement dont se serait passé le gouvernement"

François Bayrou, le ministre de la Justice, était ce mardi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.

Interrogé mardi matin sur BFMTV et RMC à propos de l'affaire Ferrand, François Bayrou "observe que c'est un événement dont se serait passé le gouvernement. Pour une raison très précise, c'est que l'idée de ce changement des pratiques dans la vie publique a été une idée pilier de la campagne d'Emmanuel Macron. Et je puis vous assurer qu'il y tient absolument".

Mais "dans les affaires judiciaires, le garde des Sceaux n'a pas le droit d'intervenir", rappelle François Bayrou. Toutefois, avec sa loi de moralisation de la vie publique, "ça n'aurait pas pu avoir lieu", reconnaît-il. Autrement dit, Richard Ferrand n'aurait pas pu être nommé ministre.

"Ce qui lui est reproché, sans que je sache si c'est vrai, (...) avec la loi, ça n'aurait pas pu se produire", poursuit François Bayrou. "Cette loi est faite pour mettre des garde-fous. Ma responsabilité, c'est que les garde-fous inspirent confiance aux Français. Le but à atteindre, c'est que nous redevenions un pays dont la démocratie soit honnête".

"Pas de réponse pour l'instant" contre la radicalisation

Après l'attentat de Londres, François Bayrou appelle à "aller plus loin dans le traitement, la reprise de personnalités qui sont complètement à la dérive, qui sont partis dans une idéologie de violence et d'extrémisme. Est-ce qu'une société comme la nôtre a les réponses? Pour l'instant, nous ne les avons pas", reconnaît le garde des Sceaux.

François Bayrou relève que "le parcours d'un très grand nombre de ceux qui commettent ces horreurs passe souvent par la prison. Ils y entrent comme voyous et ressortent comme radicalisés, en quelques semaines. Et la rapidité de cette transition-là est une question pour la justice".

Contre les portables en prison, lancés de l'extérieur par-dessus les murs, François Bayrou se dit favorable à la mise en place de "brouilleurs" d'ondes. Des filets ont été mis en place au-dessus des cours de promenade mais "les portables sont tellement petits et miniaturisés que parfois, ça passe", reconnaît-il.

L'état d'urgence sera maintenu en France "jusqu'au mois de novembre", confirme le garde des Sceaux, tout en rappelant qu'il s'agit d'une "situation d'exception".

A.L.M.