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Au FN, la bataille de l'euro est lancée

Florian Philippot et Marine Le Pen lors d'un meeting à Paris le 9 décembre 2016

Florian Philippot et Marine Le Pen lors d'un meeting à Paris le 9 décembre 2016 - MARTIN BUREAU / AFP

Alors que Marine Le Pen appelle à repenser le chantier sur la sortie de l'euro, Florian Philippot confirme qu'il quittera le Front national si cette proposition est écartée du programme du parti.

Deux semaines à peine après sa défaite au second tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen a accepté de revenir sur les raisons de son échec jeudi soir sur le plateau du 20h de TF1. Evoquant un débat "raté" face à Emmanuel Macron entre les deux tours, la présidente du Front national a également mis en avant l'épineuse question de la sortie de l'euro, qui a, selon elle, "considérablement inquiété les Français de manière presque irrationnelle".

"C’est un fait. Et nous allons devoir en tenir compte. Nous allons devoir en discuter. Ce sera là encore un chantier que nous ouvrirons après les législatives. Ce sera le temps du Congrès où tous ces débats auront lieu", a-t-elle affirmé face à Gilles Bouleau.

Proposition phare du programme du Front national, la fin de la monnaie unique et le retour au franc ne semble plus être la première des priorités pour la fille de Jean-Marie Le Pen. Un revirement qui n'est pas du goût du vice-président du parti, Florian Philippot, qui a réaffirmé vendredi matin sur BFMTV et RMC qu'il quitterait le Front national si le parti renonce à la sortie de l'euro.

Philippot plaide pour une "dissolution de la zone euro"

S'il convient que le parti a été "complètement inaudible" sur cette question pendant la dernière semaine de la campagne, avouant qu'il n'avait "pas été clair", Florian Philippot ne remet toutefois aucunement en cause sa volonté de redonner à la France une souveraineté monétaire.

"Soit on continue avec cette monnaie et ça ne fonctionnera jamais, il n'y aura jamais de solution contre le chômage. Soit on retrouve les instruments de la liberté. (...) Nous devons aller vers une dissolution de la zone euro et avoir une monnaie nationale", a-t-il répété.

Mais la sortie de l'euro divise les cadres du parti frontiste. Et le courant radical mené par Florian Philippot sur cette question semble de plus en plus isolé. Au lendemain de la défaite de Marine Le Pen, de nombreux membres du parti ont effet estimé que cette proposition avait considérablement réduit les chances de victoire de la candidate frontiste.

"La question de l'euro est terminée"

Dans une interview accordée au Parisien le 11 mai dernier, le député du Gard Gilbert Collard a affirmé que la question de l'euro était "terminée". "Le peuple a fait son référendum dimanche dernier. Marine doit entendre ce message", a-t-il ajouté. Un avis partagé par le stratégiste économique du Front national, Bernard Monot, qui a considéré, sur RFI, que les Français avaient rejeté "en bloc" la sortie de l'euro proposée par le FN, lors de l'élection présidentielle.

Le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Front national, a quant à lui estimé que Marine Le Pen commettait une "erreur colossale", en mettant la question de la sortie de l'euro au centre de son projet. Idem pour le député européen Jean-Luc Schaffhauser, délégué général du Rassemblement Bleu Marine qui s'est dit "pour l'euro".

Le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, a pour sa part appelé à la mobilisation et au rassemblement en vue des élections législatives de juin. "On est à moins d’un mois des élections législatives, ce n’est pas l’heure des états d’âme. (...) C’est le débat que nous aurons après les législatives. En matière économique, il y a beaucoup d’autres mesures beaucoup plus importantes, urgentes, que l’on pourrait mettre en oeuvre avant la question monétaire", a-t-il assuré.

Lors d'une conférence de presse vendredi en fin de matinée, Marine Le Pen a salué le fait que Florian Philippot soit "attaché à la souveraineté de la France" tout en répétant que le "chantier unique et essentiel" pour le moment était "le combat électoral" pour les législatives.

Mélanie Rostagnat