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Marion Maréchal-Le Pen va quitter la vie politique

La nièce de Marine Le Pen va annoncer mercredi qu'elle abandonne ses mandats politiques, notamment pour des raisons personnelles. Jean-Marie Le Pen a regretté une "désertion".

Elle jette l'éponge. Marion Maréchal-Le Pen va annoncer mercredi qu’elle quitte la vie politique, annonce l'AFP ce mardi.

Elle ne sera donc pas candidate aux législatives dans sa circonscription du Vaucluse et elle devrait aussi démissionner de son mandat de cheffe de l'opposition au Conseil régional de PACA.

Dans une lettre à ses électeurs consultée par le Dauphiné Libéré, Marion Maréchal-Le Pen s'explique sur ce choix, qu'elle justifie par des "raisons personnelles et politiques".

"J'ai beaucoup manqué à ma petite fille dans ses premières années si précieuses. Elle m’a aussi terriblement manquée. Il est essentiel que je puisse lui consacrer plus de temps", écrit-elle.

Elle ne "renonce pas définitivement au combat politique"

La benjamine de l'Assemblée nationale souligne également son envie d'une "expérience dans la vie civile" et dans "le monde de l'entreprise".

Autre raison invoquée: le besoin de renouvellement de la classe politique:

"Je pense que l'époque des politiciens déconnectés du réel avec des décennies de mandat électif derrière eux est révolue".

La petite-fille de Jean-Marie Le Pen prend toutefois soin de préciser qu'elle "ne renonce pas définitivement au combat politique".

Encore candidate aux législatives début avril

Marion Maréchal-Le Pen n'avait jamais fait mystère de son souhait d'arrêter un jour la politique. Sans toutefois donner de date précise.

Début avril, des rumeurs contradictoires avaient circulé dans la presse au sujet d'un prochain retrait de sa part. La nièce de Marine Le Pen y avait coupé court, annonçant sur BFMTV que "oui, (elle sera) candidate aux législatives". Et de préciser:

"J'ai simplement dit que je ne ferais pas de politique tout ma vie", "que je me gardais la possibilité de pouvoir partir, mais au moment le plus opportun, pour ne pas nuire" à (ma) famille politique".

Une "désertion" pour Jean-Marie Le Pen

Interrogé au micro de BFMTV après l'annonce de la nouvelle, Bruno Gollnisch a déclaré:

"Elle était une excellente députée, on a besoin d'elle au Parlement. Si elle décide d'aller dans le privé, j'espère qu'elle reviendra à un moment dans le débat politique", a déploré l'eurodéputé frontiste.

Jean-Marie Le Pen, de son côté, a vivement condamné le choix de sa petite-fille. "S'il n'y a pas une raison gravissime à cette décision, je considère que c'est une désertion", a déclaré le fondateur du FN dans un entretien au site du Figaro.

Jean-Marie Le Pen, qui avait encouragé Marion Maréchal-Le Pen à se lancer politique, a aussi estimé que son retrait aller "créer une grande déception".

Estrosi moque "l'invective, l'anathème"

Sur le plateau de BFMTV ce mardi, Christian Estrosi a réagi à la décision de celle qui était devenue sa principale rivale depuis les dernières régionales en PACA.

"Qu'elle abandonne ses mandats, c'est son choix", a-t-il commencé. Avant de déclarer au sujet de celle qu'on a parfois présenté comme une jeune prodige de la politique:

"Le seul talent que j'ai vu (au conseil régional), c'est l'invective, c'est l'anathème, c'est empêcher de faire avancer les choses, c'est n'être jamais dans la proposition".

Celui qui a lui-même annoncé lundi démissionner de son poste de président de PACA pour se consacrer à sa ville de Nice a également pointé les "règlements de compte" au FN après la défaite de Marine Le Pen à la présidentielle.

G. de V. avec AFP