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Pas de trêve de Noël pour Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - Image d’illustration

Emmanuel Macron - Image d’illustration - Yoan Valat - AFP

Pensant profiter de l'essoufflement du mouvement des gilets jaunes pendant les fêtes, Emmanuel Macron a été rattrapé par le retour sur le devant de la scène d'Alexandre Benalla. Le chef de l'Etat et son gouvernement doivent absolument travailler leur rentrée dans un contexte social fragile.

Après une fin d'année difficile marquée par le mouvement des gilets jaunes, Emmanuel Macron ne profitera pas d'une trêve à l'occasion des fêtes de fin d'année. Si le mouvement social semblait s'essouffler, le président de la République a vu ressurgir l'ombre d'Alexandre Benalla. Lundi, le journal Le Monde révélait que l'ancien conseiller de l'Elysée s'était rendu au Tchad début décembre, quelques semaines avant qu'Emmanuel Macron n'en fasse de même pour dîner en compagnie des militaires français présents sur place.

Depuis, l'Elysée a tenu à assurer qu'Alexandre Benalla n'était "pas un émissaire officiel ou officieux" et ne travaillait plus pour la présidence. L'intéressé lui-même a tenu à remettre les pendules à l'heure, assurant à BFMTV que cette visite, qui n'enfreint pas son contrôle judiciaire, n'était "qu'un concours de circonstances", ignorant tout de l'agenda d'Emmanuel Macron.

Pourtant, sa visite controversée s'inscrit dans la lignée d'une autre visite l'automne dernier à Londres où l'ancien conseiller de l'Elysée avait rencontré Alexandre Djouhri, un intermédiaire sulfureux sous le coup d'une procédure d'extradition à la demande de juges d'instruction parisiens, qui enquêtent sur le financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

"On ne sait pas où est le président de la République"

Si cette visite n'est qu'un hasard, le mal est fait. Comme un symbole, l'affaire Benalla, révélée par Le Monde le 1er août dernier, est la première à avoir fait frissonner l'exécutif en 2018 et également la dernière de l'année à affaiblir un Emmanuel Macron qui, déjà en difficulté avec les gilets jaunes, pensait passer des fêtes de fin d'année dans un relatif calme. 

En attendant, le président de la République et le gouvernement se font petits. Conséquence directe de cette crise, Emmanuel Macron est resté mystérieux sur ses projets de vacances, redoutant de se faire siffler à chacune de ses sorties publiques.

"L’Elysée maintient le mystère absolu sur la destination de vacances du président. Ni son entourage, ni le palais présidentiel ne donnent d’indices. On ne sait pas à ce stade où est le président de la République (...) Il y a une volonté d'organiser une communication très discrète de la part du gouvernement, de faire oublier le président, tout comme le Premier ministre et la plupart des ministres", assure Camille Langlade, cheffe du service politique de BFMTV.

Quelles solutions politique pour le gouvernement ?

Si la sortie est compliquée, l'exécutif doit à tout prix travailler pendant les vacances et soigner sa rentrée. Prochain défi pour le gouvernement, la mise en place du grand débat national. Mais les modalités de ce grand débat ne sont toujours pas claires. En attendant, Emmanuel Macron prépare une grande tournée dans les treize régions de France.

L'issue du débat national est cruciale pour le quinquennat du Président de la République:

"Si ce grand débat n’échoue pas, il faut une issue politique et trois choix s’offrent à lui: la dissolution de l’Assemblée nationale, la démission d’Emmanuel Macron, ou le référendum (…) pour montrer que les Français auront été entendus", estime Camille Langlade.

La réforme des institutions, carrefour des ambitions

Une quatrième solution existe pour Christophe Barbier, éditorialiste politique de BFMTV, qui évoque la réforme de la constitution, engagée cet été et reportée en janvier à cause de l'affaire Benalla, puis en mars, en raison du mouvement des gilets jaunes:

"Peut-être que le grand débat national pourra nourrir cette réforme de la constitution et peut-être Emmanuel Macron pourra-t-il devant le Parlement dire 'voilà la réforme de la constitution enrichie par les Français'. Peut-être y aura-t-il un référendum d’initiative citoyenne (…) Peut-être que l’issue d’une réforme constitutionnelle avec un référendum co-construit par le président et le peuple peut être une bonne idée", estime-t-il sur notre antenne.

Le président de la République pensait avoir fait le plus dur. Après ses annonces face à la grogne sociale, sa cote de popularité avait même retrouvé des couleurs. Mais le quinquennat, loin d'être un sprint, reste une course de fond.

Guillaume Dussourt