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Hollande: son opération reconquête bousculée

Le président de la République François Hollande, lors de sa grande conférence de presse de mai 2013

Le président de la République François Hollande, lors de sa grande conférence de presse de mai 2013 - -

Le chef de l'Etat rêvait d'une relance, souhaitait parler économie, frapper fort et montrer son volontarisme. Pourtant, il ne pourra pas échapper à des questions sur les récentes révélations concernant sa vie privée.

La conférence de presse de mardi "est faite pour parler de la France et des sujets qui concernent les Français". Hollandais historique, très proche du chef de l’Etat, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a tenté de recentrer le débat dimanche, mais François Hollande ne pourra pas y couper.

Lors de sa grande rentrée politique 2014, le président de la République devra donner des éclaircissements sur l’état de forme de sa compagne Valérie Trierweiler et sur sa supposée relation avec l’actrice Julie Gayet.

Un téléscopage d'actualités malheureux puisque, après des vœux qui ont surpris par leur tournant social-libéral, le président de la République voulait enfoncer le clou en détaillant la "méthode" et le calendrier du nouveau "pacte de responsabilité" qu'il propose aux entreprises avec moins de charges et de contraintes en échange de davantage d'embauches et de dialogue social.

"Un risque de pollution pris au sérieux"

A moins d’une annonce forte dans le domaine économique, l’affaire Hollande-Gayet risque d’empoisonner la prise de parole présidentielle. D'autant que l'hospitalisation de Valérie Trierweiler empêche toute communication hâtive bien que comme le rapporte Le Parisien le couple a échangé quelques mots dès jeudi soir.

"Le risque de pollution est pris très au sérieux par ceux qui entourent François Hollande", précise Thierry Arnaud, éditorialiste et chef du service politique de BFMTV, alors que le chef de l’Etat a passé le week-end avec ses plus proches conseillers à potasser pour son grand oral.

"Deux solutions existent: s’exprimer tout de suite ou se taire. Et elles sont aussi mauvaises l’une que l’autre mais déminer la situation peut permettre de ne pas s’éloigner trop de l’objectif initial", détaille Thierry Arnaud.

"Pas le nouveau Hollande attendu"

Il faut éviter pour François Hollande que sa "vie privée" ne soit la seule attraction de la conférence de presse. Faire court, sobre et demander le respect de l'intimité du chef de l'Etat est, selon des sources proches de l'Elysée, la solution retenue par le staff élyséen.

D'autant plus que les Français montrent peu d’appétit pour cette histoire people et que la popularité, déjà bien basse, de François Hollande ne devrait pas en souffrir.

Et même si par hasard les medias français décidaient de se concentrer sur l'économie ou l'emploi, la presse internationale ne manquerait pas de mettre le sujet sur la table puisque la Love affair française passionne.

Le problème peut être tourné dans tous les sens, la situation est mauvaise pour le chef de l’Etat qui prévoyait de marquer les esprits et faire la preuve de son volontarisme. "En termes de timing c’est épouvantable", explique à BFMTV le politologue Thomas Guénolé.

"On attendait un nouveau François Hollande en 2014, on a eu un nouveau François Hollande, poursuit-il. Mais pas celui qui était attendu".

Samuel Auffray