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Des macronistes déplorent une politique gouvernementale "pas loin du projet de Fillon"

Emmanuel Macron devant 600 maires en Normandie, le 15 janvier 2019. (Photo d'illustration)

Emmanuel Macron devant 600 maires en Normandie, le 15 janvier 2019. (Photo d'illustration) - Philippe Wojazer - pool - AFP

Loi anti-casseurs, "contreparties" aux aides sociales évoquées par le Premier ministre, défiscalisation des heures supplémentaires... Plusieurs élus LaREM s'inquiètent dans le JDD d'un virage à droite un peu trop franc de l'exécutif.

Emmanuel Macron virerait-il trop à droite? Le JDD se fait l'écho ce dimanche de députés La République en marche se désolant d'un tournant conservateur de la politique de l'exécutif ces dernières semaines: loi "anti-casseurs" -pour laquelle 50 élus de la majorité se sont abstenus, un record-, "contreparties" aux aides sociales évoquées par Edouard Philippe, un impôt pour tous soulevé ce dimanche par Jacqueline Gourault... Les griefs ne manquent pas.

"En ce moment, on n'est pas loin du projet de Fillon: les quotas d'immigrés, la contrepartie des allocations, la défiscalisation des heures supplémentaires, la loi anti-casseurs... Il va falloir qu'on finisse par savoir où on habite!", critique vertement dans les colonnes de l'hebdomadaire un pilier de la majorité sous couvert d'anonymat. 

D'ailleurs, dans son allocution du 10 décembre en réponse aux premières mobilisations des gilets jaunes, Emmanuel Macron a évoqué "l'identité profonde" de la France. Quelques jours plus tard, Europe 1 révélait que l'expression "identité nationale", censée être imprimée sur un tract LaREM, avait fait débat au sein du parti avant d'être retirée. 

Faire de la droite "un Tea Party à la française"

"Personnellement, je trouve très dangereux de ressortir des sujets comme la suppression des allocations familiales", confie un autre élu de l'aile gauche de la majorité au JDD, qui se dit "très mal à l'aise avec ces signaux-là". "On est dans un temps où il faut renouer avec tous les Français, y compris ceux en situation de fragilité ou de précarité."

Pas sûr qu'il se réjouisse de la position d'un intime d'Emmanuel Macron, qui assure que le chef de l'Etat "est convaincu qu'il faut continuer à caractériser la droite dans sa partie la plus conservatrice et à en faire un Tea Party à la française".

Un autre proche affirme de son côté que "l'électeur de gauche, on le traitera sur du social, du sociétal, du symbole, avec toutes les thématiques égalitaires sur l'éducation, la politique de la ville, la pauvreté". Comme la PMA ouverte à toutes les femmes, qui devrait figurer dans le projet de loi de bioéthique cette année.

Liv Audigane