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Loi "anti-casseurs": le texte soutenu par la majorité le plus mal voté depuis le début de la législature

L'Assemblée nationale.

L'Assemblée nationale. - BERTRAND GUAY / AFP

Si la proposition de loi controversée "anti-casseurs" a été adoptée par une large majorité à l'Assemblée nationale, 50 députés LaREM se sont abstenus. Un record dans cette législature.

Séance chahutée à l'Assemblée nationale. Ce mardi, les députés ont adopté une proposition de loi controversée, dites "anti-casseurs". Déjà approuvé par les sénateurs en octobre, le texte a été validé au Palais Bourbon en première lecture par 387 voix contre 92, et 74 abstentions. 

Ce texte est aussi marqué par la forte abstention dans le camp de la majorité. En effet, 50 députés LaREM - un record - ont choisi de ne pas voter les interdictions préventives de manifester. A eux s'ajoutent quatre abstentions au MoDem ainsi qu'un vote contre. 

"Pas de malaise", pour Gilles Le Gendre

Parmi ces cinquante abstentions, le vice-président de l'Assemblée Hugues Renson, la présidente de commission Barbara Pompili, ainsi que Matthieu Orphelin, ou encore Aurélien Taché et Sonia Krimi. Jamais un texte soutenu par le gouvernement, sous la présidence d'Emmanuel Macron, n'avait atteint ce chiffre. Aucun parlementaire LaREM n'est cependant allé jusqu'à voter contre. 

Sur la loi asile-immigration, en première lecture il y a quelques mois, les abstentionnistes étaient 14. Et un député s'était prononcé contre, Jean-Michel Clément, qui a depuis quitté le groupe majoritaire. 

Pour Gilles Le Gendre, président du groupe LaREM, "il n'y a pas de malaise, le texte a été voté". Le patron du mouvement, Stanislas Guerini, se refuse à parler d'une "fronde": sous François Hollande il s'agissait d'"une opposition fondamentale avec la politique qui était portée" et "ce n'est pas le cas ici".

ce qu'il y a dans la loi

L'élément principal qui rend le texte controversé est l'interdiction de manifester pouvant être prise par les préfets, sans décision judiciaire, et sous peine de six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende.

La loi prévoit aussi la possibilité de fouilles pour trouver des "armes par destination", sur réquisition du procureur, ou encore le principe du "casseur-payeur".

Ivan Valerio