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Le coup de gueule de Macron après l'échec de négociations sur la réforme de l'assurance chômage

Le grand débat doit durer jusqu'au 15 mars.

Le grand débat doit durer jusqu'au 15 mars. - AFP

Le chef de l'Etat a critiqué les partenaires sociaux qui n'ont pas réussi à trouver un accord. Il leur reproche de se défausser de leurs responsabilités sur l'État.

Emmanuel Macron a critiqué l'échec des partenaires sociaux qui ne sont pas parvenus à tomber d'accord sur une réforme de l'assurance chômage. Après trois mois et demi de négociation infructueuse, l'exécutif va finalement reprendre la main au risque d'acter la fin du paritarisme. "On vient d'avoir un exemple de vraie négociation sociale", a commenté amèrement le chef de l'État devant les présidents de départements réunis à l'Élysée. 

"On a dit aux partenaires sociaux: Trouvez-nous une solution pour le chômage, vous êtes autour de la table, vous êtes responsables alors même que les syndicats ne financent plus le chômage, c'est le contribuable. Comme c'est difficile, ils ont rendu hier au gouvernement la copie", a-t-il regretté.

"On est dans un drôle de système"

"On est dans un drôle de système ! Chaque jour dans le pays, on dit corps intermédiaires, démocratie territoriale, démocratie sociale, laissez-nous faire. Et quand on donne la main, on dit mon bon monsieur, c'est dur, reprenez-la. Et le gouvernement va devoir la reprendre, car on ne peut pas avoir un déficit cumulé sur le chômage comme on a depuis tant d'années", a-t-il lancé.

Répondant aux propos du président, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, lui a lancé sur Twitter: "Et si la démocratie ne passait pas par des petites phrases polémiques ou médias interposés? Nul doute qu'elle fonctionnerait mieux dans notre pays".

"Rechercher des boucs émissaires"

"La démocratie sociale a souvent prouvé son efficacité et sa responsabilité lorsqu'elle n'est pas soumise à des lettres de cadrage impossibles, menant sciemment une négo dans l'impasse", a poursuivi Laurent Berger sur le réseau social. "Rechercher des boucs émissaires peut être tentant à court terme mais contreproductif pour l'avenir", a-t-il ajouté.

Les négociations entre partenaires sociaux ont buté sur le refus, côté patronal, d'un bonus-malus pour décourager les entreprises de recourir aux contrats courts. Le patronat a par ailleurs déploré le refus des syndicats de discuter des économies demandées par le gouvernement, au minimum 1 milliard d'euros par an. La critique du président aux partenaires sociaux s'inscrivait dans une réponse plus globale aux présidents de départements. Après avoir écouté leurs revendications pendant quatre heures et demi, il leur a reproché globalement leurs "appels de compétences et refus de responsabilité".

FO répond aux critiques de Macron

Les partenaires sociaux n'ont pas pu avoir une vraie négociation sur l'assurance chômage, estime le secrétaire général de FO, Yves Veyrier. "Non, Monsieur le président de la République, on ne vient pas d'avoir 'une vraie négociation sociale'", écrit Yves Veyrier dans un communiqué, rappelant que principe fondamental de l'Organisation internationale du travail (OIT) prévoit que la négociation collective "revêt un caractère libre et volontaire".

Or, "la lettre de cadrage que votre gouvernement a imposée, d'une part, et certaines de vos interventions publiques durant le déroulement de la négociation, d'autre part, ne nous ont 'pas donné la main' mais allaient à l'encontre de ce principe", insiste-t-il.

D. L. avec AFP