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Assurance chômage: Muriel Pénicaud défend le "bonus-malus" sur les contrats courts

Alors que les négociations sur l'Assurance chômage doivent s'achever ce mercredi, la ministre du Travail a réaffirmé la nécessité d'instaurer un bonus-malus sur les contrats courts pour "lutter contre la précarité de l'emploi". Une mesure que le patronat rejette depuis le début des discussions.

Journée décisive pour les négociations sur l’Assurance chômage. Ce mercredi, patronat et syndicats tenteront une dernière fois de trouver un accord, faute de quoi l’exécutif sera libre de rédiger son propre projet. Invitée sur BFMTV, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a indiqué que la lutte contre la précarisation de l'emploi devait être la priorité des discussions, rappelant que "9 recrutements sur 10, c'est un travail précaire, c'est-à-dire un CDD ou de l'intérim". 

"On a des règles sur l'Assurance chômage qui aujourd'hui favorisent le recours au travail précaire tant du côté des employeurs que des demandeurs d'emploi, c'est absurde", a poursuivi Muriel Pénicaud, estimant qu'"il faut une mesure très forte et rigoureuse pour lutter contre la précarité, donc le bonus-malus (sur les contrats courts, ndlr) ou [...] une formule au moins aussi bien que le bonus-malus". 

Sauf, que c'est précisément cette mesure défendue par Emmanuel Macron pendant sa campagne qui fait patiner les négociations, le patronat s'y étant opposé depuis le départ. "On laisse la chance aux partenaires sociaux. Sinon, on va étudier toutes les possibilités et on prendra par décrets les mesures qu'il faut pour l'assurance chômage", a prévenu la ministre du Travail. 

Les contrats courts coûtent "8 milliards d'euros" chaque année

N'excluant pas d'accorder quelques jours supplémentaires aux partenaires sociaux pour négocier, Muriel Pénicaud a également demandé aux différentes parties de faire des économies:

"C'est le même sujet que la précarité. Chaque année, l'Assurance chômage c'est 35 milliards d'euros de dépenses et il y a 8 milliards de déficit qui sont liés aux contrats courts. Donc, s'il y a moins de contrats courts, le système fait automatiquement des économies".

Des heures de bénévolat aux bénéficiaires du RSA

Revenant sur les propos du Premier ministre Édouard Philippe qui envisageait de fixer des contreparties au versement des aides sociales a dit ne pas croire "aux contreparties punitives" mais s'est dit favorable à un dispositif qui permettrait de "proposer" -et non imposer- aux allocataires du RSA quelques heures de bénévolat pour qu'ils aient "une garantie d'activité". 

Et de conclure en rappelant que "lorsqu'on tombe au RSA, il y en a un sur cinq seulement qui retrouve un emploi dans l'année. C'est une trappe à pauvreté". 

Paul Louis