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L'identité nationale fait son retour dans un tract LaREM

Le tract préparé par LaRem.

Le tract préparé par LaRem. - Capture d'écran

Dans un tract résumant les récentes annonces d'Emmanuel Macron en matière de politique sociale, le parti présidentiel utilisait la notion d'"identité nationale". Mais face aux remous provoqués en interne par cette mention évoquant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le document a été modifié.

Dix ans plus tard, l'identité nationale va-t-elle faire son retour dans le débat en France? Oui, à en croire un tract préparé par La République en marche dans lequel cette notion utilisée par Nicolas Sarkozy fait son grand retour, a révélé Europe 1 jeudi.

"Réflexion collective sur l'identité nationale"

Le jeune parti présidentiel n'avait peut-être pas mesuré l'impact qu'aurait cette référence, en l'imprimant sur ce tract visant à résumer les annonces faites par Emmanuel Macron pour répondre aux gilets jaunes, lors de son allocution télévisée du 10 décembre.

Si le document rappelle les annonces sociales du chef de l'Etat, comme l'augmentation du Smic de 100 euros, la hausse de la CSG pour les retraités ou encore la défiscalisation des heures supplémentaires, il évoque aussi la grande concertation nationale qui doit prochainement s'ouvrir pour une période de trois mois. Ainsi, selon le tract, produit par LaREM, ce vaste débat permettra d'"avoir une réflexion collective sur l'identité nationale".

Lundi soir, lors de sa prise de parole à la télévision, Emmanuel Macron a surpris en annonçant son intention d'élargir la consultation nationale à "la question de l'immigration".

"Je veux aussi que nous mettions d'accord la Nation avec elle-même sur ce qu'est son identité profonde, que nous abordions la question de l'immigration", a-t-il déclaré.

Mais l'utilisation du terme "identité nationale", qui fait directement référence au quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui avait à l'époque nommé Brice Hortefeux ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, et fait à l'époque un tollé avec cette formule, a provoqué des remous au sein de LaREM.

Deuxième version

Pour le député du Val-d'Oise Aurélien Taché, qui a travaillé sur les questions d'intégration de la loi asile et immigration, faire mention de l'"identité nationale" était une "mauvaise idée".

"Cela renvoie à une conception connotée idéologiquement de cette thématique. À l'époque, avec Nicolas Sarkozy, vous aviez un parti-pris qui était le suivant: l'immigration mettrait l'identité nationale en danger", explique-t-il auprès d'Europe 1.

Lui-même et de nombreux autres élus LaREM ont fait savoir leur désapprobation à Stanislas Guérini, le patron du parti. Le tract a rapidement été modifié. Sur la deuxième version, sortie jeudi en fin de journée, plus de trace de l'"identité nationale". A la place, une "réflexion collective sur la démocratie, la citoyenneté et l'immigration".

Adrienne Sigel