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Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée qui a l'oreille de Macron

Alexis Kohler est l'ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici et Emmanuel Macron.

Alexis Kohler est l'ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici et Emmanuel Macron. - AFP

A 44 ans, Alexis Kohler succède à Jean-Paul Jouyet au poste stratégique de secrétaire général de l'Elysée. Haut fonctionnaire, il est notamment l'ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici puis d'Emmanuel Macron quand ils étaient à Bercy.

Son arrivée a été scrutée toute la journée de lundi tant son allocution était importante. Alexis Kohler est entré dans la lumière, en à peine 10 secondes, en annonçant le nom du Premier ministre choisi par le président de la République, Emmanuel Macron. L'énarque devient le nouveau secrétaire général de l'Elysée. L'officialisation de sa nomination a été faite le 14 mai, jour de l'investiture du nouveau chef de l'Etat.

A 44 ans, Alexis Kohler succède à Jean-Pierre Jouyet, fervent artisan de la victoire d'Emmanuel Macron, à ce poste qui s'apparente à une véritable tour de contrôle. Il sera en charge de coordonner les actions ministérielles, d'apaiser les relations avec les partis, d'organiser les rencontres avec les syndicats. Sa première tâche consistera à annoncer, mardi probablement, le nouveau gouvernement.

Surdiplômé

Né à Strasbourg en 1972, Alexis Kohler a un lourd bagage universitaire, note France 3 Auvergne - Rhône-Alpes. Diplômé d'un DEA de droit public, de Science-Po, il a également étudié à l'ESSEC, une grande école de commerce, avant d'intégrer l'ENA. Dans sa promotion, Averroès, il a côtoyé les anciennes ministres socialistes Fleur Pellerin et Audrey Azoulay. Il va faire ses premières armes à la direction générale du Trésor, au ministère des Finances. Il va ensuite se spécialiser dans l'endettement international et collaborer avec pendant trois ans au FMI, la banque internationale BIRD ou le Club de Paris, un groupe informel de financiers puis à la très puissante Agence des participations de l'État (APE) pendant deux ans. 

A l'arrivée de la gauche au pouvoir, il revient à Bercy comme directeur adjoint de cabinet du ministre de l'Economie de l'époque, Pierre Moscovici. Écarté sous la brève ère Montebourg, il voit lui échapper le poste de directeur du Trésor, pour lequel "il était bien placé", selon un haut responsable de Bercy à l'époque. Selon L'Obs, il était également pressenti pour remplacer Emmanuel Macron à l'Elysée en 2014 comme secrétaire général adjoint du cabinet de François Hollande. A la place, il deviendra directeur de cabinet d'Emmanuel Macron tout juste nommé ministre de l'Economie.

Alexis Kohler "est un haut fonctionnaire d'une très grande qualité, d'une extraordinaire précision quand on lui confie un dossier. Il a beaucoup de sang-froid", loue un de ses anciens patrons, Pierre Moscovici. "Il a une grande connaissance à la fois de l'administration et de l'entreprise. Il est agréable, pondéré, courtois, c'est un homme dont les relations humaines avec les autres sont faciles. Il est vraiment l'homme de la situation, il saura impulser du dynamisme", ajoute l'ancien ministre de François Hollande.

"Plus intelligent" que Macron

Emmanuel Macron et Alexis Kohler ne se connaissent pas depuis leurs études mais une complicité intellectuelle est née rapidement entre les deux hommes. "C'est le seul" que le chef de l'Etat "écoute vraiment", assure un proche du nouveau président, qui juge son aîné de cinq ans "plus intelligent que lui". Le ministre d'alors et son directeur de cabinet élabore alors la loi Macron. Quand en avril 2016, le mouvement En Marche! est lancé, Alexis Kohler est de la partie.

Une fois Emmanuel Macron parti de Bercy, l'énarque va aller travailler dans le secteur privé en intégrant l'armateur italo-suisse MSC comme directeur financier. Il va toutefois rester en contact de l'équipe du mouvement politique exerçant un rôle de conseiller à distance. "Alexis Kohler a le profil du haut-fonctionnaire discret et bosseur qui a le sens régalien", explique au journal 24 heures, le référent de la République en marche pour la Suisse, Joachim Son-Forget. 

J.C.