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Risque d’attentats: Marine Le Pen s’empare de la menace terroriste

Le projet d’attentat déjoué permet à la candidate du Front national de mettre l’accent sur son programme. Et de se présenter comme l'unique candidate protectrice.

"Nous sommes tous des cibles. Pas nous tous les candidats, nous tous les Français". Invitée sur BFMTV-RMC ce mercredi matin pour son "entretien d’embauche", Marine Le Pen a donné le ton de sa campagne pour les prochains jours.

Face au risque terroriste, que le projet déjoué d’attentat contre des candidats à la présidentielle a encore rappelé mardi, la leader frontiste se pose comme l’unique candidate protectrice. Devant Jean-Jacques Bourdin ce mercredi, elle a notamment assuré:

"Je ne dis pas que le risque zéro est possible. Je dis que là, on est au risque 100%. C’est ça la réalité, parce qu’on ne prend pas les mesures qu’on devrait prendre. Eh bien moi je prendrai ces mesures, que ça plaise ou non aux élites, aux censeurs, aux donneurs de leçons de morale".

Hamon dénonce un "commerce électoral"

L’eurodéputée les a énumérées: expulsion de tout étranger fiché S ou condamné pour un délit, déchéance de nationalité et expulsion pour les binationaux en lien avec une entreprise terroriste, sortie de l’espace Schengen…

Lors de son meeting au Zénith de Paris lundi, Marine Le Pen avait déjà marqué les esprits par une formule choc:

"Avec moi, il n’y aurait pas eu Mohamed Merah, le tueur de militaires et d’enfants juifs. Avec moi, il n’y aurait pas eu les terroristes migrants du Bataclan et du stade de France. Ils ne seraient tout simplement pas rentrés dans notre pays".

Une déclaration que Benoît Hamon a jugé "incroyable" et "inqualifiable" mardi lors d'un déplacement à Toulouse.

Lors de son meeting le soir-même, le candidat du PS a d'ailleurs mis en garde contre toute tentation d'instrumentalisation: "Sur ces questions-là, il ne faut pas en faire un commerce électoral".

Suppression du droit du sol

Questionnée par Jean-Jacques Bourdin sur ce qu’elle aurait fait pour empêcher Mohamed Merah d’agir, Marine Le Pen a sous-entendu que le tueur au scooter de Toulouse et Montauban aurait été expulsé bien avant de commettre ses crimes:

"Car je vais supprimer le droit du sol. Je vais supprimer l’acquisition quasi-automatique (de la nationalité, NDLR), qui fait que si vous êtes né sur le territoire français et que vous y avez vécu un certain nombre d’années, vous pouvez acquérir automatiquement cette nationalité. Avec moi, ce ne sera pas le cas. La naissance sera un des critères. Si quelqu’un né sur le territoire français demande sa nationalité à 18 ans et qu'il a un casier judiciaire long comme celui de monsieur Merah, il ne l’aura pas".

Un meeting sous haute sécurité

Interrogé par BFMTV mardi sur la menace terroriste qui plane sur la campagne, Florian Philippot a lui aussi dénoncé l’inaction des dirigeants politiques ces dernières années. Le lieutenant de Marine Le Pen a déclaré:

"Je pense que les Français doivent réaliser ce qui se passe. Ça fait deux quinquennats d’affilée qu’on a laissé la menace islamiste prospérer. Et aujourd’hui on arrive à une situation où on se demande même si les campagnes électorales vont être encore possibles demain, si notre démocratie n’est pas en danger".

Marine Le Pen doit tenir un meeting sous très haute sécurité ce mercredi soir à Marseille.
G. de V.