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Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan peuvent-ils se réclamer du gaullisme?

La figure du général de Gaulle a été utilisée à tort et à travers au cours de cette campagne présidentielle, tous les candidats ou presque l'ayant citée, notamment Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan.

Le général de Gaulle aura hanté la campagne présidentielle. De François Fillon à Marine Le Pen, de nombreux candidats l'ont cité. Une suite logique, puisqu'en novembre 2015, le vice-président du Front national Florian Philippot s'était rendu à Colombey-les-Deux-Eglises pour rendre nommage à Charles de Gaulle, à l'occasion des 45 ans de sa mort.

"Le général de Gaulle est le moteur de mon engagement politique", avait-il alors justifié. Egalement présent ce jour-là, Nicolas Dupont-Aignan avait dénoncé les récupérations. "Personne n'a le droit de s'approprier De Gaulle, personne", avertissait-il.

"Escroquerie morale"

Un an et demi plus tard, force est de constater que la promesse n'a pas été tenue. Le président de Debout la France veut aujourd'hui incarner un rassemblement gaulliste aux côtés de Marine Le Pen, qui a fait savoir samedi qu'elle le nommerait Premier ministre si elle était élue le 7 mai prochain.

Pour l'ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, il s'agit d'une aberration. "Vous ne pouvez pas aller rallier, le camp de ceux qui n'ont eu de cesse de combattre De Gaulle, combattre le gaullisme. Ce n'est pas possible, c'est une escroquerie morale", dénonce-t-il, au micro de BFMTV.

Le FN, un parti anti-gaulliste

En s'alliant à la candidate FN, Nicolas Dupont-Aignan choisit un parti qui est historiquement profondément anti-gaulliste. "Certains de ses membres fondateurs ont été membre de l'OAS, qui a voulu tuer le général de Gaulle", rappelle ainsi le professeur de communication politique Stéphane Wahnich.

Une allusion à l’attentat du Petit Clamart, et à d’autres tentatives d'assassinat contre le Général de Gaulle, qui avait à l’époque ouvert la voie à l’indépendance de l’Algérie. Pour ce professeur, l’eurosepticisme de Marine Le Pen contredit aussi la pensée gaulliste. "Si le général de Gaulle n'était pas un franc amoureux de l'Europe, il a participé à la fondation de cette Europe. Marine Le Pen qui, elle, préfère la démanteler, le dit au nom du gaullisme, alors que c'est structurellement faux", développe Stéphane Wahnich.

Autre point d’achoppement: les prises de positions de Jean-Marie Le Pen - maintenu par la justice dans sa position de Président d’honneur du FN - sur la Shoah. Des propos qui s’opposent à la Résistance du général de Gaulle contre la barbarie nazie.

A.S. avec Olivier Boulenc