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Macron rebaptise Fillon en "François Balkany"

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - AFP

Emmanuel Macron rend coup pour coup à ceux qui ont fait du favori des sondages leur cible de prédilection.

On lui reproche souvent d'"être d’accord avec tout le monde", comme François Asselineau le soir du débat à 11 organisé par BFMTV-RMC. Voire de se laisser bousculer par ses adversaires. Mais Emmanuel Macron a appris à montrer les muscles au cours de cette campagne dont il est devenu la cible principale en tant que favori des sondages. Ne pas rentrer dans le jeu de massacre de la cour de récréation, d’accord. Tendre l’autre joue systématiquement, non.

Invité de l’émission 19h Elkrief en direct de son QG de campagne dimanche, Emmanuel Macron a justifié sa méthode. Un échange entre la journaliste et le candidat d’En Marche! la résume bien:

-Emmanuel Macron: "Moi je ne passe pas le tiers de mes meetings à attaquer les autres, je ne crois pas que ce soit ce que nos concitoyens attendent.
-Ruth Elkrief: Vous avez quand même appelé François Fillon «Emmanuel Balkany» (dimanche sur France 3, NDLR).
-Emmanuel Macron: Je finis par répondre quand on multiplie les attaques".

Et l’ancien ministre de L’Economie de lancer dans la foulée une violente charge contre François Fillon, "qui a mis son énergie à durer plutôt qu’à faire" ces trente dernières années. "Je vais vous dire, je n’ai pas de leçon de courage à recevoir de ces gens-là", a-t-il jugé, rappelant comment il avait lui-même quitté les ors de la République pour fonder son propre mouvement.

Macron appuie sur les "affaires"

De fait, peu de critiques anti-Macron ont été laissées sans réplique ces dernières semaines. La droite et son candidat le dépeignent en "Emmanuel Hollande" après le meeting de François Fillon début avril à Toulon? Contre-attaque immédiate de l’intéressé. "Il ne peut plus aller à la rencontre des Français, alors il se calfeutre avec son clan", raille Emmanuel Macron quelque heures plus tard en n’hésitant pas à appuyer là où cela fait mal: les affaires et notamment le "Penelopegate" qui poursuivent son rival.

De même, les équipes d’En Marche! ne sont pas restées silencieuses quand le camp Fillon a lancé une grande offensive sur les réseaux sociaux fin mars pour dépeindre l’ex-patron de Bercy en fils caché de François Hollande, adepte comme lui de la synthèse molle. Le porte-parole d’En Marche, Benjamin Griveaux, trouve la parade en publiant sur Twitter une vidéo du général de Gaulle. Lequel explique dans cet extrait: "Je ne suis pas d’un côté, je ne suis pas de l’autre, je suis pour la France".

Le spectre de Juppé

Cette stratégie de riposte systématique est le fruit de l’observation de l’histoire politique récente, explique L’Opinion dans son édition de ce lundi. Selon le quotidien, Emmanuel Macron et son équipe veulent absolument éviter de subir le sort d’Alain Juppé à la primaire de la droite.

Le rival malheureux de François Fillon avait choisi le plus souvent de ne pas répondre à ceux qui l’avaient affublé du surnom d'"Ali Juppé" pour dénoncer son supposé laxisme vis-à-vis de l’islam radical.

Toujours favori des enquêtes d’opinion mais en léger recul selon certains sondages, Emmanuel Macron met toutes ses forces dans la bataille pour s’éviter le destin du maire de Bordeaux: populaire, sage et consensuel, mais perdant dans la dernière ligne droite. Il a désormais quinze jours pour faire mentir le scénario dont rêvent ses détracteurs.

G. de V.