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"Emmanuel Hollande": Fillon fait de Macron l'héritier du quinquennat

François Fillon voit dans le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron la validation de sa stratégie contre le leader d'En Marche!

Laurent Wauquiez avait bien tenté "Hollande 2", mais c'est François Fillon qui, ce jeudi sur RTL, a trouvé le mot d'ordre pour décrédibiliser Emmanuel Macron: le candidat des Républicains rebaptise le leader d'En Marche! "Emmanuel Hollande". "François Macron, ça marche aussi", précise-t-il.

Alors que son épouse Pénélope a elle aussi été mise en examen, François Fillon a pilonné l'ancien banquier d'affaire, sa cible principale pour les semaines à venir. Pour lui, les revirements d'Emmanuel Macron s'inscrivent dans la continuité de l'échec de la méthode de compromis de François Hollande, souvent perçue comme une forme d'indécision. 

En Marche!, "entreprise de recyclage"

Sur l'ISF, le député de Paris attaque:

"C'est une belle illustration du fait que Monsieur Macron n'a aucune conviction. Monsieur Macron a défendu pendant des années la suppression de l'ISF. Il y a encore quelques mois, Monsieur Macron voulait supprimer l'ISF. Sur tous les sujets, c'est ce qu'il fait, c'est-à-dire qu'il ne fait rien. Il réforme un peu l'ISF, il réforme un peu les 35 heures, il continue la politique, qui est celle d'aujourd'hui, qui donc, ne donnera pas de résultat"

Celui qui prétend incarner la "seule alternance" a vu dans le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron la validation de son angle d'attaque du favori des sondages: faire de l'ancien ministre de l'Economie le comptable du quinquennat, l'héritier politique d'un François Hollande exécré par l'électorat de droite. "En Marche ! est bien une machine à recycler le socialisme", martèle ainsi le filloniste Bruno Retailleau dans un communiqué.

Le camp Les Républicains voit dans l'accumulation des soutiens de figures du quinquennat à Emmanuel Macron - avant Manuel Valls, c'est le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian qui s'était déclaré en sa faveur - une chance inespérée de revenir dans la course. "Valls, c’est le baiser de la mort pour Macron", juge ainsi Valérie Pécresse dans Le Monde.

Louis Nadau